Jeudi 19 Janvier 2017

Critique : Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

Critique : Les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

Inspiré du roman autobiographique de Sylvain Tesson, le film de Safy Nebbou "Dans les forêts de Sibérie" nous entraîne dans un voyage initiatique en Russie orientale, au sud de la Sibérie.
Teddy, chef de projet multimédia, ce qu’on apprend dans une séquence à l’humour complètement décalé, lassé d’une existence dont il a mesuré la vacuité, décide de se retirer dans la solitude et le silence d’une cabane ascétique, au bord du lac Baïkal. Au cours d’un hiver terrible, confronté à une nature hostile à laquelle il est peu préparé, sa rencontre avec Aleksei le conduira à lui-même par le chemin d’une amitié aussi inattendue, qu’immédiate et forte.

Critique : Les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

Une histoire simple, mais pas banale, magnifiée par un décor époustouflant, par une mise en scène alerte et fluide et par le jeu de Raphaël Personaz qui a su trouver le ton juste dans l’évolution progressive du personnage qu’il incarne, vers sa liberté conquise.
Le paysage est si beau que Safy Nebbou veut en capter la moindre parcelle, tempête de neige, stalactites de glace, transparence de l’air, nuages menaçants, taïga subarctique, falaises abruptes et déchiquetées, l’image est puissante, fascinante, la palette des couleurs du bleu au blanc, du blanc au gris, somptueuse et profonde.

Critique : Les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

Il a su filmer le lac Baïkal, autre "personnage" du film qui sépare Teddy du reste du monde : surface solide, à l’étonnant graphisme fait de lignes et de taches de glace, surface dangereuse qui engloutit à jamais, surface généreuse qui donne l’eau bienfaitrice et les poissons nourriciers. Le lac qui finira par fondre au printemps, métamorphose de la nature et du cœur de l’homme apaisé.

Critique : Les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

Teddy et Aleksei communiquent chacun dans leur langue, l’un ne sait que quelques mots en russes, l’autre comprend il le français? Peu importe … l’échange se fait autrement, il n’en est que plus vrai. Le personnage d’Aleksei  n’existe pas dans le roman, il appartient néanmoins à une nouvelle de Sylvain Tesson. Beau personnage, bien campé par Evgueni Sidikhine qui lui prête son visage sombre et grave et dont la force imposante d’homme des bois fatigué mais pas vaincu, enveloppe Teddy, le porte et le conduit.

Critique : Les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (sortie le 15 juin 2016)

La musique d’Ibrahim Maalouf est peut-être trop lyrique pour cet univers impitoyable, dont aucun homme ne peut sortir indemne, qu'il soit détruit ou sauvé.
Mais ne boudons pas notre plaisir, l’aventure vaut le voyage … et le film le détour !

La bande annonce

Agnès Krief
Agnès Krief

Ex du Ministère de la Culture et de la Communication, amoureuse passionnée de cinéma, curieuse de tout, spécialiste en rien.

Richard Orlinski au Château de Chamarande jusqu’au 3 juillet 2016

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