Dimanche 20 Aout 2017

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé : un rendez-vous incontournable des passionnés du 7ème Art

Une architecture contemporaine

Dissimulée derrière la façade de l’ancien Théâtre des Gobelins, bâtie en 1869 par l'architecte Alphonse Cusin, sculptée par le jeune Rodin et protégée au titre des Monuments historiques, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, inaugurée au mois de septembre 2014, se déploie dans un superbe bâtiment de 2200 m² réalisé par l'architecte italien Renzo Piano : une immense coque de verre recouverte d’une carapace (qui ressemble à celle d’un tatou) composée de 5000 petits volets en aluminium qui filtrent la lumière, s’insère miraculeusement entre 2 immeubles et s’organise sur 5 étages, en une salle de projection, des espaces d’expositions, des réserves d’archives,  un centre de documentation et de recherches.

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Une collection patrimoniale riche et variée

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé est reconnue d’utilité publique depuis 2006, son objectif est de conserver et de mettre à la disposition du public le patrimoine historique de Pathé.

Un fonds d’archives exceptionnel, régulièrement enrichi, rassemble :

  • 4500 affiches, dessins, maquettes
  • 500 000 photographies de plateau et de tournage
  • 400 appareils et accessoires
  • 30 000 documents imprimés, scénarios, programmes, manuels d’exploitation etc...
  • 350 objets et costumes

auquel il faut ajouter : 10 000 films dont 9000 muets.

Deux bases de données  permettent d’accéder en ligne à ces trésors :

  • l’une nous propose plus de 25 000 notices descriptives des collections
  • l’autre la filmographie Pathé, l’ensemble des films produits et distribués par la société depuis sa création jusqu'à nos jours

Une exposition permanente

Au premier étage du vaste immeuble nous attend une superbe exposition permanente dans la Galerie des appareils cinématographiques où  150 appareils retracent 80 ans d’histoire et d’inventions de 1896 jusqu’aux années 1980.

Deux  phonographes datés de 1903 et de 1906 rappellent la première activité de Charles Pathé (1863-1957), les caméras, les appareils de projection, une multitude de petits accessoires, nous racontent le dynamisme, l’inventivité de la société Pathé, tant pour les  professionnels, cinéastes ou exploitants, que pour les simples amateurs du 7ème art.

On s’attarde devant un projecteur Mundial de 1921, la caméra Pathé Baby de 1926, un poste de projection Pathé-Rural Sonore datant de 1933 ou encore devant des caméras qui ont contribué à la gloire du cinéma français de la Nouvelle vague ou des années 1970, comme la Cameflex Standard CM3 ou la Pathé Webo electronic 16.

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Des expositions temporaires

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, présente chaque trimestre une exposition conçue à partir de ses propres collections. Ainsi, les amateurs ont-ils pu découvrir en 2014, la collection d'affiches du Théâtre forain Morieux, rappel du temps où le cinématographe était présenté dans les foires,  puis dans le cadre du Centenaire, une exposition consacrée à la  guerre 14-18.

Du 3 février au 4 avril 2015, l’exposition « L’aventure des cinéromans » nous propose une série d’affiches et la projection, à partir du 4 mars, du film « Les Misérables » d’Henri Fescourt (1923) récemment restauré.
L’histoire d’un genre cinématographique, celui des films à épisodes, ainsi que l’histoire de la Société des Cinéromans, y sont évoquées.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Une programmation éclectique, pour petits et grands

Les projections se déroulent dans la salle Charles Pathé équipée de 68 fauteuils rouge-vif très confortables et d'une cabine de projection dont on peut imaginer le haut niveau technologique : deux projecteurs Kinoton 35 mm à vitesse variable (de 10 à 30 images/seconde) équipés de lampes Xénon 1000 watts, un projecteur Sony, un processeur Dolby pour le 35 mm, un processeur son DATA SAT pour le traitement de toutes les autres sources.

Les films projetés proviennent de la production Pathé, française ou étrangère, ils permettent au public de découvrir des chefs-d’œuvre du cinéma muet, inédits ou tombés dans l’oubli.
Chaque séance est accompagnée par un pianiste de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, qui recrée ainsi l’atmosphère des représentations de ces premiers temps du cinématographe.

Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé

Du 4 au 17 février 2015, les « Séances Pathé Kid », proposaient aux jeunes spectateurs, à partir de 6 ans, trois programmes présentés en alternance, des « Contes et fééries », premières adaptations cinématographiques muettes de contes comme « Cendrillon » ou le « Petit Poucet », la « Découverte des premiers muets » et des « Comédies pour enfants », d’une durée variant de 36 à 50 minutes.

Le 7 février 2015, un atelier proposait une après-midi d’atelier-découverte en deux temps.

Tout d’abord, les enfants, accompagnés de leurs parents, ont pu découvrir avec une documentaliste très savante, la Galerie des appareils cinématographiques en même temps que l’histoire de la société Pathé. Avec un sens pédagogique affirmé, une écoute et une gentillesse remarquables, elle a su capter l'attention de son jeune auditoire, curieux et intéressé,  de bout en bout de sa présentation. Les parents, tout aussi attentifs, étaient ravis, souvent surpris par les questions pertinentes de leurs petits cinéphiles en herbe.

Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé

La deuxième partie de l’atelier fut consacrée à la projection de quatre films, deux comédies et deux contes : « Madame Babylas aime les animaux » d’Alfred Machin (1911) et « Léontine garde la maison » de Roméo Bostti (1912), « Le petit Poucet » de Segundo de Chomon (1909 ) et « Cendrillon ou la pantoufle merveilleuse » d’Albert Capellani (1907 ).

Contre toute attente, les enfants, pourtant peu familiers du cinéma muet en noir et blanc,  sont restés très attentifs, ont ri aux bêtises de Léontine, applaudi à la punition de Monsieur Babylas et ont posé à leurs parents parfois bien embarrassés, des questions sur les « effets spéciaux » très spéciaux, puisqu'il s'agit de simples "trucages", pour leur regard habitué à d’autres mystères plus complexes !
L’improvisation savoureuse du pianiste a donné à la séance une atmosphère quasi magique, propice à l'émerveillement devant tant de trésors exhumés.

La Fondation propose aussi des Ateliers pédagogiques destinés aux élèves des classes maternelles et primaires, qui rencontrent un énorme succès.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Cette même semaine, du 4 au 17 février 2015, un autre programme, « Les Pathé Revues » proposait trois thématiques sur divers sujets, culturels, pédagogiques ou de découvertes touristiques : « La France à travers les Pathé Revues », « La mode à travers les Pathé Revues », « Pathé autour du monde : les visages et paysages du monde en couleurs ».

En marge de la « Fashion week », on pouvait assister à la projection de « La mode à travers les Pathé Revues », série de 18 films datant des années 1920 à 1931 qui nous donnent  l' occasion de constater qu’en 2015 nos « designers de mode » ne sont pas toujours aussi « créatifs » qu’on le croit !
Les mannequins sont d’une étonnante modernité, plus en chair que nos top models décharnés, ces jeunes femmes sont joyeuses, exubérantes, notamment dans les films  sur la mode balnéaire « La mode et la couture à Deauville » (1927), « Costumes de bains de mer et costumes de bains de soleil » (1925) ou encore « Pour la plage » (1931) qui nous offrent de surcroît un aperçu intéressant des plages normandes de l’époque, noires de monde !

Dans « Mode » (1926) et « Manteaux de fourrure » (1930), nous redécouvrons des actrices comme Gaby Morlay ou Elvire Popesco qui prolongeront leurs carrières au cinéma "parlant".
Enfin, avec « Fourrures hiver/printemps, Philippe Gaston » (1930), on est surpris par un militantisme affirmé contre contre le port de la fourrure et la protection des animaux : des mannequins en manteaux de fourrure et les animaux vivants qui ont permis de les réaliser, nous sont présentés en montage parallèle, qui se suffit à lui-même, très explicite sur les intentions du réalisateur, le son n'ajouterait rien.

Ces merveilleux films qui conservent une grande fraîcheur, une infinie simplicité, même dans les poses un peu compassées et maladroites, nous font entrevoir un patrimoine si riche qu'il aiguise notre curiosité, impatiente d'en découvrir davantage.

Du 18 février au 3 mars 2015, "Les mutual comédies de Charlie Chaplin" seront programmées pour le plus grand bonheur des fans du grand homme.


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Agnès Krief
Agnès Krief

Passionnée de cinéma, curieuse de tout.

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