Dimanche 20 Aout 2017

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES : une comédie musicale au Théâtre du Palais-Royal à Paris

C’est un peu sceptique et curieuse, que je me suis rendue, ce dimanche matin à 11 h au Théâtre du Palais-Royal, pour assister à « La petite fille aux allumettes », une comédie musicale d’après le conte de Hans Christian Andersen. Pourquoi sceptique et curieuse ?
J’avais lu et relu la veille, ce conte sinistre : dans la nuit glaciale de la Saint-Sylvestre, une petite fille très pauvre qui n’est pas parvenue à vendre ses allumettes, les brûle une à une pour  se réchauffer. Dans leur lumière fugace elle entrevoit un monde merveilleux qui l’éloigne de sa misère. Elle y retrouve sa chère grand-mère, la seule dont elle ait reçu de l’amour, elle la supplie de l’emporter avec elle. Le lendemain, la petite fille est morte de faim et de froid, un sourire sur ses lèvres.

Le texte intégral : http://fr.wikisource.org/wiki/La_Petite_Fille_et_les_allumettes_%28Andersen-Soldi%29

Comment ce texte terrible avait-il pu être adapté en comédie musicale, destinée de surcroît à des enfants de 4 à 12 ans ?

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES, une comédie musicale au Théâtre du Palais-Royal à Paris, jusqu’au 2 mai 2015

D’un monde à l’autre, un voyage initiatique

Andersen ne donne aucune indication de lieu, les adaptateurs ont donc judicieusement choisi de situer l’action à Londres. Dès la première scène nous sommes emportés dans un univers qui rappelle, un moment, celui de Dickens : la petite Emma est abandonnée dans un orphelinat, entre les griffes de l’affreux Colins qui la dépouille de ses pauvres affaires et l’oblige à vendre des allumettes pour être autorisée à dormir dans son sinistre établissement.

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES, une comédie musicale au Théâtre du Palais-Royal à Paris, jusqu’au 2 mai 2015

Livrée à elle-même dans un monde hostile qu’elle ne connaît pas, Emma frottera une à une ses allumettes qui vont la propulser dans « Le Royaume imaginaire » où elle rencontrera des personnages extravagants comme Madame Olga la magicienne très spéciale, effrayants comme le terrible Fragotov, drôles comme les Pirates ou le Monstre Falco, bienveillants et tendres comme le marchand de jouets, Sacha et la Grand-Mère, au fil d’aventures plus inattendues et farfelues,  les unes que les autres!
On lui a tout pris, sauf sa capacité d’imagination qui transcende la réalité et lui donne une énergie et une détermination communicatives : jamais passive, Emma ralliera ses  comparses et amis à sa quête émouvante et éperdue pour rejoindre sa chère grand-mère… Y parviendra-t-elle ? Tout le plaisir fut de le découvrir durant un peu plus d'une heure de surprises et de surprises encore.

Une mise en scène portée par une équipe talentueuse

En sortant de la représentation, un papa demandait à sa petite Charlène de 8 ans : « Qu’est-ce que tu as le plus aimé ? », réponse de Charlène « Tout ! »
Excellente critique de cette petite fille, à laquelle je souscris pleinement : moi aussi, j’ai tout aimé dans ce merveilleux spectacle. Les décors sont évocateurs et charmants, tout comme les costumes élaborés, aux couleurs vives et chatoyantes qui illuminent la scène, les personnages sont bien cernés, le bien et le mal, le méchant, le gentil, facilement identifiables pour des enfants, sans jamais sombrer dans un manichéisme mièvre.

[RoyalSlider Error] No post attachments found.

La langue est jolie, juste, à la portée d’un jeune public. L’enchaînement des dialogues et des moments chantés sont parfaitement dosés, on se laisse porter sans aucune rupture de ton. La musique arrive toujours à propos, elle est légère, mélodieuse, les chansons en vers ont la rime simple des comptines et leur fraîcheur.
Les acteurs-chanteurs, 9 en tout, dont 2 en alternance, sont quant à eux adorablement crédibles, jeunes et pleins d’un enthousiasme constant, ils nous font rentrer immédiatement et de plain pied dans ce joli conte, tous chantent admirablement bien.
On y croit, on s’amuse, on pleure (mais oui), on rit et on applaudit !

L’esprit du conte est respecté

Mon scepticisme n’a pas fait long feu devant de si jolies choses, ma curiosité a été récompensée et l’esprit du conte d’Andersen n'est jamais trahi. L'adaptation intelligente, cajole l'esprit d'enfance et d'émerveillement, de bout en bout et parvient à présenter la mort avec une finesse et une délicatesse tout à fait remarquables.

Une très belle réussite, à une réserve près : l’affiche propose le spectacle aux enfants de 4 à 12 ans, je pense pour ma part qu’il séduira tous les enfants de 5 à 77 ans. Enfants, parents et grands-parents doivent s’y précipiter vite … avant le 2 mai 2015 !

LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES, une comédie musicale au Théâtre du Palais-Royal à Paris, jusqu’au 2 mai 2015

Théâtre du Palais-Royal
38, rue de Montpensier
75001 PARIS
Représentations : Samedi 14h et dimanche 11h
Séances supplémentaires pendant les vacances scolaires : mardi et vendredi à 14h

Le site du théâtre : http://theatrepalaisroyal.com/


Partager cet article

Agnès Krief
Agnès Krief

Passionnée de cinéma, curieuse de tout.

Commenter cet article