Vendredi 20 Octobre 2017

Apprendre une langue, question de motivation

L’être humain est gorgé de bons principes. Il rêve de choses immenses : épandre la paix dans le monde, devenir l’homme d’affaires à succès qui contribue au sain développement de la planète, se transformer en citoyen du monde et en polyglotte… dans les faits, lorsque vient le temps d’appliquer toutes les étapes nécessaires à l’atteinte de nos buts, les séries télévisées comme How I Met Your Mother viennent complètement saper les beaux principes.

Sur 100 personnes qui commenceront à étudier l’espagnol, je serais prêt à parier que moins de 5 réussissent à atteindre un niveau de conversation suffisamment élevé pour pouvoir se débrouiller confortablement dans un pays d’Amérique latine. Pourtant, aujourd’hui, il serait difficile de se défendre en mentionnant que les informations sont difficilement accessibles pour atteindre ses objectifs : il n’a jamais été aussi facile de passer à l’action. Tout ce qui manque, c’est un gigantesque coup de pied récurrent dans le derrière.

La magie de la pression

Imaginons d’abord la personne qui étudie à l’université et qui se voit forcée de prendre un cours d’espagnol. À chaque semaine, son professeur s’attendra à la voir se pointer dans la salle de classe. Il lui posera des questions tout au long du cours, et elle risque d’avoir l’air un peu stupide si elle ne peut pas répondre correctement au moins une fois de temps en temps. Puis, elle fera face à des examens. Et si son niveau d’espagnol n’est pas suffisamment au point, elle coulera et ne pourra pas obtenir son diplôme.

Cours de langue

Il y a de fortes chances que la personne ci-haut déploie les efforts nécessaires à la réussite, même si elle n’aime pas étudier les langues! L’enjeu de ne pas réussir à parler espagnol est trop élevé pour qu’elle se laisse aller dans la complaisance. Vous me direz ici que certains étudiants trichent ou peuvent réussir sans le moindre effort, mais en général, ce n’est heureusement pas le cas.

Mais lorsque la pression s’en va…

Je prendrai mon exemple personnel pour illustrer les dangers de l’absence de motivation.

Mon rêve est de visiter la Russie de fond en comble, donc d’y passer au moins 3 à 4 mois. Je m’imagine déjà prendre le train transsibérien et m’inviter chez les gens pour qu’ils me fassent découvrir leur culture typique, et pourquoi pas faire du bénévolat ou participer à des projets là-bas. Bien entendu, il faudra que je sois un très bon interlocuteur en russe si je veux avoir une chance que le rêve se concrétise.

Pour atteindre cet objectif, je suis devenu un utilisateur payant de Busuu, me disant par la même occasion que payer pour un service allait m’amener à vouloir rentabiliser chaque sous investit. Toutefois, ma source principale de motivation était un projet futur sans échéance précise et dont très peu de personnes étaient alors au courant. Après quelques mois, sans personne pour me pousser dans le derrière, l’aventure s’est terminée. Du moins, pour l’instant…

Trouver un partenaire peut aider

Bien entendu, si j’avais trouvé une copine russe, nous aurions probablement pu travailler ensemble pour échanger nos compétences linguistiques ensemble (et plus si affinités). Dans l’absence de l’aspect romantique, pourquoi ne pas faire une alliance avec une autre personne qui apprend elle aussi les langues? Le principe est simple : même si vous apprenez une langue différente, assurez-vous de vérifier au moins une fois par semaine les progrès que l’autre personne a fait. Établissez un rituel : à chaque vendredi après-midi, par exemple, vous faites un compte-rendu et la personne qui n’a aucunement avancé durant la semaine paye un verre à l’autre. Ou toute autre façon de vous mettre de la pression mutuelle, en gros!

Amis

Consommer de la culture peut aider

Il faut absolument varier vos méthodes d’apprentissage pour en arriver à trouver votre étude intéressante. Si vous habitez dans une grande ville, il y a de fortes chances que des rassemblements existent entre des interlocuteurs natifs et des débutants. À Montréal, par exemple, on retrouvera aisément des groupes de discussion pour le français, pour le russe et pour l’espagnol.

Côté culture, écouter des films vous donnera un bon coup de pouce, surtout si vous êtes en mesure d’avoir des sous-titres. Même si vous ne comprenez pas beaucoup de choses au début, le fait d’avoir des images en mouvement, de l’action et de l’émotion sur l’écran vous permettra d’avoir un certain plaisir tout en consolidant progressivement votre connaissance du vocabulaire avec votre oreille. Si vous êtes en mesure de commencer avec des dessins-animés, le niveau sera sans doute plus facile.

Comme toute autre chose dans la vie, il faut avoir du plaisir pour réussir!


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