Un homme armé d'un pistolet-mitrailleur a ouvert le feu depuis son véhicule à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, vendredi 23 octobre, faisant un mort et plusieurs blessés. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, évoque un « périple meurtrier » et un « crime terroriste ». Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi de l'enquête.
Dans la matinée, le suspect a tiré depuis son véhicule dans les deux communes. Le bilan fait état d'une personne tuée et de plusieurs blessés, dont trois grièvement touchés. Parmi eux figure une adolescente de 12 ans, dont le pronostic vital est engagé.
Interpellé dans la commune voisine de Coignières par cinq policiers de la brigade anticriminalité, le suspect a été placé en garde à vue. Il était connu des services de police.
Un homme de 39 ans déjà connu de la police
Le suspect se nomme Kevin T. et est âgé de 39 ans. Il réside à Plaisir, une commune située à quelques kilomètres des lieux de l'attaque. Selon des déclarations du maire de La Verrière, il est originaire de Saint-Cyr-l'École, également dans les Yvelines.
D'après une source proche du dossier interrogée par franceinfo, le trentenaire est connu de la police, notamment pour des délits routiers, mais il ne l'est pas des services de renseignement. Sa mère, âgée de 66 ans, s'est manifestée d'elle-même auprès des forces de l'ordre.
Une arme et des grenades lacrymogènes
Au moment de son interpellation, Kevin T. était en possession d'un pistolet-mitrailleur, selon une source policière citée par France Télévisions. Cette même source indique qu'il était également porteur de grenades de gaz lacrymogène. Laurent Nuñez a confirmé l'utilisation d'une arme automatique de catégorie A, sans en préciser le modèle.
Après l'interpellation, les forces de l'ordre sont intervenues au domicile du suspect, à Plaisir, pour une perquisition. Selon les informations de France Télévisions, une opération de déminage a été menée par le Raid. L'appartement avait été piégé, notamment à l'aide de bonbonnes de gaz.
Si les motivations précises de Kevin T. restent à déterminer, plusieurs éléments conduisent les autorités judiciaires à examiner la piste d'un acte à caractère raciste. Parmi les qualifications retenues figure notamment le chef d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, assorti d'une circonstance aggravante liée « à l'appartenance réelle ou supposée de la victime à une race, une ethnie, une nation ou une religion ».
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé sur BFMTV un « attentat à connotation raciste » et affirmé que « la personne décédée est d'origine africaine et la personne en urgence absolue est d'origine maghrébine ». Le maire de La Verrière a de son côté évoqué deux agents de nettoyage « de type africain » parmi les blessés. Les investigations devront désormais déterminer si les victimes ont été choisies en raison de leur origine, ou si le suspect a tiré sans distinction sur les personnes croisées sur sa route.
