Jeudi 20 Septembre 2018

Critique Moonrise Kingdom

Comédie à l’accent kitch très prononcé, humour à prendre au second degré, casting déluré, effet de renversement de la maturité, mouvements de caméras… une critique chargée cette semaine pour un film qui ne sera pas du goût de tous.

Septembre 1965. C’est le matin, il est temps de se lever dans le camp Ivanhoe des scout kaki. Tout semble se passer bien jusqu’à l’appel: Sam, l’un des jeunes louveteaux, s’est enfui. À partir de là, c’est le branle-bas de combat pour le retrouver. Pendant les recherches, le capitaine Sharp va interroger une famille en émoi: leur fille s’est également enfuie. En fouillant dans son courrier, la mère de la jeune fille, Mrs Bishop, ainsi que son mari et le capitaine Sharp se rendent comptent que les deux enfants sont en réalité amoureux l’un de l’autre et se sont enfuis pour pouvoir être ensemble, car aucun des deux n’était heureux dans sa famille respective.

Cependant, ils se trouvent sur une petite île, et le jeune garçon s’est intéressé de près au parcours effectué par des indiens, il semble donc très facile de le retrouver. Pendant ce temps, les deux enfants apprennent à se découvrir ainsi qu’à découvrir les choses de l’amour, avec toute la tendresse et la maladresse de leur jeune âge…

Visuellement, le utilisé pour filmer est très particulier, assez peu populaire. La caméra est fixe, comme plantée sur un trépied, et elle est tournée sur un axe de 360°, c’est très difficile à expliquer. Imaginez un rond point, avec quatre axes pour y accéder. Et bien la caméra est à la place du rond point, et elle tourne l’objectif vers chacune des voies, sans pour autant bouger de sa place, seul l’objectif de la caméra pivote. De même, la caméra bouge sur des axes horizontaux et verticaux, à tel point qu’on croirait que c’est le décor qui bouge et non pas la caméra. De plus, il y a également beaucoup de plans fixes.

Rien de spécial à dire sur la bande-son, elle est assez peu présente et elle ne marque pas spécialement les esprits, à part la chanson française où les deux enfants dansent, je n’ai pas souvenir de musique réellement percutante.

Il y a beaucoup d’autres choses à dire sur ce film. Les acteurs ne se sont absolument as pris au sérieux. L’humour est décalé, absurde au possible. Si il y avait deux qualificatifs pour ce film, ce serait kitch et absurde, ce sont les deux mots qui le caractérise le mieux. L’histoire est très touchante, ces deux jeunes enfants qui sont amoureux l’un de l’autre, alors qu’ils vivent dans des cadres qu’ils n’aiment pas. Lui est orphelin, et détesté de ses camardes scout. Elle ne supporte plus sa famille, qui pense qu’elle est psychologiquement instable.

A la suite de leur fougue, les enfants scouts les rechercher avec les adultes. Et à un moment de l’histoire, les adultes se retrouvent complètement dépassés, et ce sont les enfants qui prennent les choses en main, car les adultes restent enfermés dans leur idée de séparer les deux amoureux, alors que les enfants ne voient pas pourquoi ils ne pourraient pas rester ensemble. C’est avec passion qu’on suis la découverte des sentiers amoureux des deux jeunes, qui sont profondément naïfs et totalement perdus dans leur monde bancal.

En bref, c’est un film que j’ai personnellement adoré, mais il faut être lucide: c’est un film à l’humour complètement décalé, qui ne plaira pas à tout le monde. Déjà, il y a très peu de publicité autour, il est donc méconnu du public. Ensuite, c’est un film qui plaira surement a une certaine génération au détriment d’une autre: comme de fait, j’étais le seul adolescent de la salle. Nous étions très peu nombreux et c’était tous des quinquagénaires, dont plusieurs qui étaient venus « à l’arrache », profitant de leur jour férié pour aller au cinéma, sans de réel film en tête, et sans horaire précis non plus. J’avais moi-même une appréhension en prenant ma place, mais je n’ai pas du tout été déçu, c’est un film à l’univers intensément décalé, c’est une vraie comédie, il n’y a pas de drame ou de tristesse dedans, chaque moment est propice au rire.

Quand je pense à ce film, je pense à l’humour britannique, qui est très spécial et assez peu apprécié, car par sa nature trop spéciale et en décalage avec l’humour ique, grossier et trop souvent facile, tournant pour majorité autour du scatologique (en dessous de la ceinture). Moonrise Kingdom est un film très spécial, qui n’aura probablement qu’une petite communauté d’intéressé, et c’est bien dommage car c’est un véritable petit bijoux, et même à l’affiche au côté de gros films tels que Dark Shadows ou Avengers, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller le voir, c’est un pur moment de légèreté et un admirable film, qui de plus possède un bon casting.



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