Des militants d'ultradroite ont défilé dans le centre-ville de Lyon, lundi 19 octobre 2026, après un rassemblement de soutien aux forces de l'ordre et aux commerçants touchés par les pillages du week-end. Le préfet du Rhône, Etienne Guyot, dit être "furieux de cette volonté de récupération".
- Des militants d'ultradroite ont organisé un défilé à Lyon après un rassemblement initial autorisé.
- Ce groupe a récupéré le cortège et a scandé des slogans identitaires, sans incident signalé lors de leur déambulation.
- La préfecture a saisi le procureur pour des propos islamophobes et xénophobes tenus durant l'événement.
Le rassemblement initial, organisé en soutien aux policiers et aux commerçants, a été annoncé par des appels diffusés sur les réseaux sociaux dimanche et lundi, selon Le Progrès, qui précise que leurs auteurs initiaux sont inconnus. Il a réuni, selon les organisateurs, environ 500 personnes vers 20 heures place Bellecour. Pour la préfecture du Rhône, il s'est tenu "avant l'entrée en vigueur du couvre-feu" qui concernait une partie du centre-ville, en présence "d'élus en écharpe, de commerçants et d'habitants".
Selon le préfet, ce premier rassemblement s'est "déroulé sans aucun incident" et s'est dispersé dans le respect du couvre-feu. Au moment de la dispersion, "des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l'ultradroite se sont alors constitués en groupe après s'être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer", affirme la même source.
Un défilé dans les rues de Lyon
Ce groupe a emprunté la rue Victor-Hugo en direction de la sortie du périmètre, en brandissant une banderole, avant de se disperser vers 21 heures place Carnot, qui n'est pas comprise dans le périmètre du couvre-feu, relate la préfecture. Des interdictions de rassemblement étaient en vigueur à partir de 18 heures, un arrêté que le premier rassemblement n'avait pas pu connaître, compte tenu de sa publication tardive, selon la préfecture citée par Le Progrès.
Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, authentifiée par la cellule des Révélateurs de France Télévisions, montre des militants scander "Avant, avant, Lyon le melhor", cri de guerre historique de la ville devenu, selon le média, un signe de ralliement des identitaires lyonnais. L'un d'eux porte un drapeau français sur lequel est dessinée une croix celtique, un autre symbole repris par l'ultradroite. Selon la préfecture, "aucun trouble à l'ordre public n'était alors signalé dans le court laps de temps de la déambulation de ce groupe". Etienne Guyot affirme qu'il "n'acceptera aucune expression qui tombe sous le coup de la loi (…) et tout attroupement qui générerait un trouble à l'ordre public".
Une saisine du procureur
Le préfet a finalement saisi le procureur de la République pour signaler les propos islamophobes et xénophobes tenus lors de ce défilé, a appris France Télévisions. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a réagi dans un communiqué : "Je condamne fermement ce rassemblement et les slogans haineux qui y ont été scandés". Il ajoute : "Alors que Lyon traverse des moments difficiles, nous avons besoin d'apaisement, pas de nouvelles tensions", et insiste sur le fait que "les règles doivent être les mêmes pour tous".
