Mardi 25 Septembre 2018

Critique 10 Cloverfield Lane

Nous avons eu la chance de pouvoir découvrir hier le nouveau film de JJ Abrams, 10 Cloverfield Lane et… wow c’était une grosse claque !! Affichant au casting Mary Elisabeth Winstead, John Goodman et John Gallagher Jr, ce film traite une histoire au scénario somme toute banale. Mais le réalisateur, Dan Trachtenberg souhaitait rester dans l’ambiance bien particulière du premier Cloverfield, et a réussi à instaurer une tension poisseuse dans son projet, alors que les monstres rôdent dans des endroits insoupçonnés.

Pour rappel, le film « Cloverfield », sorti en 2008 est un film de monstre filmé caméra au poing dans le genre de The Blair Witch Project. On y suit un jeune homme qui organise son pot de départ au au Japon, quand soudain New York se retrouve assiégée par une mystérieuse créature. Nous suivons donc le groupe de Rob qui tente de survivre dans un New York dévasté, alors que les militaires essaient de tuer la bête avec tout ce qui leur passe par la main (ça commence par des soldats et des tanks, puis des hélicos de combat, puis des avions de chasse, et enfin une arme nucléaire…du moins on le suppose). La réception de ce film avait été très positive, et l’opération marketing pour teaser le public, notamment avec une campagne virale sur Internet a été une réussite. Qu’en est-il de 10 Cloverfield Lane ?

Synopsis de 10 Cloverfield Lane

Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper…

Nous avons confirmation par le réalistateur, Dan Tratchenberg, que les deux films se déroulent sur une ligne temporelle différente. Les ressemblances seront d’ordre plutôt thématique qu’une vraie suite à Cloverfield premier du nom.

10 Cloverfield Lane, une suite très différente

Nous passons donc des espaces gigantesques de New York a un abri anti-catastrophes mené d’une main de fer par Howard (John Goodman). Il a, d’après lui, trouvé et recueilli Michelle (Mary Elisabeth Winstead) alors qu’elle venait d’avoir un grave accident de voiture (la scène est d’ailleurs totalement surréaliste et violente). Voilà donc Michelle avec une jambe amochée, qui partage un endroit minuscule avec Howard, un vieux ronchon conspirationniste, et Emmett, un jeune homme qui a aidé Howard à construire son bunker.

D’après Howard, les Etats-Unis ont subi une attaque (chimique, nucléaire ?) et la surface n’est plus un endroit viable (l’exemple qu’il donne à Michelle est d’ailleurs sans appel). Hors de question de sortir à l’air libre donc, malgré des soupçons qui s’accumulent sur la « bonne » volonté d’Howard d’avoir accueilli Emmett et Michelle.

Le rythme du film sera d’ailleurs calqué sur les changements d’humeur de John Goodman, qui est magistral dans son interprétation. On virevolte entre bonne entente, paranoia, meurtre, pédophilie, ce qui donne un tempo suffocant à l’intrigue. Michelle et Emmett sont obligés de se plier aux bons vouloirs de leur hôte, qui n’hésite pas à intimider physiquement les deux jeunes. La tension est palpable dans l’abri plusieurs fois, et avec notre point de vue de spectateur, on se sent invités dans la confidence de ce que trament Emmett et Michelle. C’est un vrai jeu du chat et de la souris, qui risque de très mal se terminer pour tout le monde.

La menace ne vient pas que de l’extérieur

Si pendant la majorité du film on ne sait pas ce qui se passe en haut, Howard assure qu’il est impossible de survivre à la surface, et empêche Michelle et Emmett de sortir. Est-ce qu’Howard a inventé de toutes pièces cette attaque, ou est-ce qu’il y a vraiment un incident ? Est-il un kidnappeur, ou juste un vieil aigri un peu dérangé ? Difficile de se faire une opinion sûre pendant tout le film, alors que l’intrigue avance et que des indices émergent à travers les affirmations du survivaliste. La petite vie communautaire prend doucement, et les trois apprennent à vivre ensemble. Ce que découvrent les deux captifs suite à un problème technique est vraiment hardcore, et précipitera leur décision de s’échapper.

John Goodman livre ici le portrait d’un homme paranoïaque,qui veut tout contrôler, qui cherche à s’imposer, tant physiquement que mentalement avec des règles très strictes. Il n’hésite d’ailleurs pas à écraser Emmett devant Michelle, histoire de montrer qui prend les décisions ici.Le fait qu’il possède un revolver sur lui joue énormément. Ça sera d’ailleurs un enjeu pour le duo tragique d’essayer de s’en emparer. Sous un vernis de bonhomie presque forcée, le vrai Howard fait finalement surface d’une manière monstrueuse…. C’est l’élément perturbateur qui propulse l’intrigue sur la deuxième partie du film.

Les liens avec le Clo-verse ?

Il faut savoir qu’avant d’être titré « 10 Cloverfield Lane », le film devait s’appeler « The Cellar », puis « Valencia ». Il a été teasé très tard ( le 15 janvier 2016) et ne devait avoir aucun lien avec l’univers de Cloverfield. JJ Abrams reprend en main le projet, et décide de faire un lien avec le film de 2008. Quid donc des relations entre les films ? Il semblerait que le film de monstre soit le seul lien entre les deux productions, avec quelques clins d’œil tout de même à l’univers créé par JJ Abrams.

On retrouve des affiches « Slusho« sur une vitre de station service, un clin d’oeil à la série Alias (où la boisson fait son apparition). C’est en partant à la recherche d’un ingrédient secret qu’un entrepreneur japonais creuse dans l’océan, et supposément réveille le monstre qui ravage New York.

Cependant, hormis ces similitudes, l’explication de fin de film laisse baba. Rien à voir avec des monstres, c’est tout autre chose qui en veut aux humains, et c’est loin d’être gentil. Je regrette d’ailleurs cette fin qui fait très expédiée et facile, on sent que le corps du film a été tourné bien avant, et qu’ils ont rajouté des scènes pour lier un peu plus le film à son univers.

Avis 10 Cloverfield Lane

C’est un grand oui. Non seulement le film répond à quelques questions qu’on pourrait se poser, mais il offre une performance d’acteur vraiment incroyable venant de John Goodman. Tantôt glaçant, tantôt sympathique son personnage est une bombe à retardement, qui menace d’exploser au moindre prétexte. Mary Elisabeth Winstead et John Gallagher Jr n’ont pas d’autre choix que de filer droit pour éviter le courroux de leur hôte, la tension monte progressivement, jusqu’au point de rupture.

L’histoire et la qualité du jeu des acteurs est bien meilleure que Cloverfield, et rien que pour ça, vous pouvez aller le voir sans soucis dès le 16 mars 2016 dans les salles obscures !

Bande annonce 10 Cloverfield Lane



Thomas
Thomas

Journaliste freelance, fan d'aviron et de voyages.

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