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Lisnard dépasse Retailleau dans un sondage : et Sarah Knafo dans tout ça ?

Lisnard dépasse Retailleau dans un sondage : et Sarah Knafo dans tout ça ?
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David Lisnard vient de passer devant Bruno Retailleau dans un sondage, à 6 % contre 5 %, et il répète depuis mars qu'il veut une grande primaire de la droite, ouverte jusqu'à Sarah Knafo. Sauf que le périmètre de cette primaire a bougé depuis mars.

  • Lisnard dépasse Retailleau dans un sondage, mais la fiabilité est incertaine.
  • La primaire de la droite voit ses frontières évoluer, avec des candidats comme Zemmour ou Knafo.
  • Lisnard et Knafo partagent des idées libérales, notamment sur la réduction de la dépense publique.
  • Knafo connaît un succès éditorial et se retire en politique locale alors que Lisnard vise une nouvelle élection municipale.

6% contre 5% : un chiffre qui vient d'une seule dépêche

C'est le sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio publié mercredi 14 octobre, selon l'AFP, qui place le maire de Cannes à 6 % et Bruno Retailleau, candidat LR, à 5 %. C'est la première fois que Lisnard devance Retailleau dans une enquête. Précaution : nous n'avons pas retrouvé ce sondage sur le site de l'Ifop, on s'en tient donc à la dépêche. Et il faut le lire à côté du baromètre publié le 2 octobre (1 393 inscrits interrogés du 25 au 29 septembre), où Lisnard était à 3,5 % dans l'hypothèse la plus éclatée, quand Retailleau oscillait entre 5 % et 11 % selon les configurations.

Le sondage ne dit pas tout, et les réseaux sociaux encore moins. Lisnard revendique environ 400 000 abonnés sur Instagram, soit quatre fois plus que Retailleau, d'après LCP. L'AFP compte 403 000 abonnés, dont 126 000 gagnés en 14 jours, mais prévient que l'identité de ces comptes ne peut pas être vérifiée. Une phrase est même devenue un mème sur TikTok et Instagram : "Il se passe quelque chose". Frédéric Dabi, de l'Ifop, reste prudent : "il faut voir si c'est une hype ou si c'est une réalité".

Côté troupes, son mouvement, Nouvelle Énergie, annonce 55 000 adhérents contre 30 000 un mois plus tôt, avec "2 000 de plus par jour". Ce sont les chiffres du mouvement, personne ne les a vérifiés. Du côté de Retailleau, la réponse est plus sèche, toujours d'après l'AFP : "nos chemins se retrouveront", assure-t-il, convaincu que Lisnard reviendra, et un dirigeant LR parle d'"une épine dans le pied".

Une primaire dont le périmètre a déjà bougé

Tout part du 25 mars. Ce jour-là, Lisnard quitte LR sur BFMTV, après le rejet par le parti d'une primaire ouverte, et dénonce un vote "truqué". Sa grande primaire, il la voit alors large : Knafo, Éric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan pourraient y participer, selon LCP. À l'annonce de sa candidature, il répète le principe, "du centre-droit jusqu'à Sarah Knafo", comme le rapporte Public Sénat. Il remet le sujet sur la table dans une tribune au Monde le 25 août, puis sur BFMTV le 10 octobre, où il juge la primaire "encore organisable".

Entre-temps, Zemmour a confirmé sa candidature, le 17 septembre sur BFMTV, en promettant de faire campagne avec Sarah Knafo. Et le 13 octobre, la porte-parole médias de Nouvelle Énergie, Sophie Mouysset, décrit une primaire de "tous les candidats qui se reconnaissent" dans la droite et le centre, "jusqu'à Eric Zemmour, si tel était son cas". Le "jusqu'à Knafo" de mars est devenu un "jusqu'à Zemmour". Nous n'avons trouvé aucune réaction de Sarah Knafo à l'invitation de Lisnard cet automne.

La position la plus récente que nous ayons retrouvée date du 20 mars. À propos de l'idée de Laurent Wauquiez d'une primaire "de Darmanin à Knafo", elle avait lâché : "Ça ne s'appelle pas une alliance, ça s'appelle une primaire", selon l'AFP. Zemmour, de son côté, s'est dit favorable à une primaire le 3 septembre à Châlons-en-Champagne, tout en disant ne "plus trop" y croire.

Chez les autres, l'enthousiasme n'est pas non plus au rendez-vous. Édouard Philippe "ne croit pas à la primaire", et l'AFP note qu'aucun candidat naturel ne s'impose à droite et au centre. Pécresse, Barnier et Copé plaident pour un candidat unique en excluant Reconquête, tandis que le JDD écrit que les principaux prétendants ont jusqu'ici écarté l'idée.

Milei, baisse des dépenses : ce qui les rapproche

Sur le fond, les deux ont un point commun très concret : l'admiration pour Javier Milei. LCP les range parmi les responsables français qui vantent sa politique. Lisnard a signé une tribune intitulée "Leçons d'Argentine" en janvier 2026, et Knafo écrivait en octobre 2025 : "Avec Milei, les Argentins ont goûté à la liberté, et ils en redemandent". Son livre promeut ce modèle, toujours selon LCP. Pour le contexte, la pauvreté en Argentine atteint 32,3 % de la population au premier semestre 2026, contre 28,2 % six mois plus tôt, d'après France 24.

Leurs convergences ont été mises en scène le 30 juin à Paris, lors d'un débat organisé par le mouvement patronal ETHIC de Sophie de Menthon, devant quelque 200 chefs d'entreprise. Titre de la soirée : "Le tandem libéral : duo ou duel ?". Selon Causeur, dans un billet d'opinion de ton partisan signé David Angevin, les deux invités partageaient une baisse massive de la dépense publique, la suppression de la plupart des agences et la simplification administrative. Knafo y a aussi promis la "plus grande hausse salariale de toute l'histoire de la Ve République", grâce à la baisse des charges.

La différence, toujours selon Causeur, tient à la hiérarchie des menaces : institutionnelle et budgétaire pour Lisnard, civilisationnelle et démographique pour Knafo. Planet.fr résume la soirée autrement, avec un Lisnard qui privilégierait "le rassemblement le plus large" et une Knafo qui défend une reconstruction doctrinale centrée sur la souveraineté et l'identité. Gardons la mesure : cette comparaison repose sur une seule soirée, racontée par un billet d'opinion et un résumé.

Un livre qui se vend, un retrait aux municipales

Du côté de Sarah Knafo, la rentrée a surtout été éditoriale. "Le Casse du siècle" (Fayard) est sorti le 2 septembre, et il a dépassé 63 000 exemplaires en première semaine, selon Livres Hebdo, qui s'appuie sur des estimations NielsenIQ BookData, pour un tirage initial de 100 000. Sud Ouest avance de son côté 165 000 exemplaires en trois semaines. Ce sont des ventes estimées, pas des chiffres d'éditeur.

Côté urnes, Knafo avait obtenu 10,4 % au premier tour des municipales à Paris le 15 mars, avant de se retirer.

Lisnard, lui, a un rendez-vous plus proche que la présidentielle. Fin novembre, il brigue un nouveau mandat à la tête de l'Association des maires de France (AMF), face à Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux, d'après LCP.

Jeune blogueuse mode et voyage fraîchement installée à Marseille.