Présidentielle : la primaire proposée par Gabriel Attal ne convainc ni Édouard Philippe ni Bruno Retailleau

Présidentielle : la primaire proposée par Gabriel Attal ne convainc ni Édouard Philippe ni Bruno Retailleau

Gabriel Attal, secrétaire national du parti Renaissance, a remis l'idée sur la table : une primaire pour désigner un candidat unique de la droite et du centre. Cette proposition, formulée mercredi soir sur TF1, ne fait pas l'unanimité, ni chez Édouard Philippe ni chez Bruno Retailleau, ses principaux rivaux.

"Il est temps d'être tous responsables et d'organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire", a déclaré l'ancien Premier ministre. Le but affiché serait d'"empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre La France insoumise et le Rassemblement national".

Cette "primaire des démocrates" serait ouverte aux candidats qui partagent "un certain nombre de valeurs", parmi lesquelles la laïcité, la lutte contre les discriminations, l'Europe ou le progrès social et écologique. Ils devraient aussi rejeter "toute alliance avec l'extrême gauche ou avec l'extrême droite". Selon Gabriel Attal, le vote pourrait aller du social-démocrate Raphaël Glucksmann au libéral de droite David Lisnard. Ce cadrage reprend en partie la "charte des valeurs" élaborée par Hervé Morin, président de la région Normandie. Le calendrier reste ouvert : le trentenaire se donne jusqu'à la fin du mois de janvier pour convaincre ses concurrents.

Un accueil réservé dans le camp Philippe

Édouard Philippe, maire du Havre, est légèrement en tête des intentions de vote au sein du bloc central, mais il est distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Son entourage accueille l'initiative avec réserve. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l'Assemblée, a estimé sur X que ce "en même temps" ne permettrait pas d'éviter un duel entre le RN et LFI au second tour. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, a dit sur BFMTV ne pas avoir "bien compris ce que proposait Gabriel Attal", tout en jugeant qu'Édouard Philippe est "le mieux placé" pour rassembler la droite et le centre.

Maël de Calan, porte-parole de la campagne d'Édouard Philippe, s'oppose à l'idée. "Une primaire n'aurait que des inconvénients", affirme-t-il, estimant qu'elle "appuierait sur nos divisions". Pour lui, ce serait "du suicide pour notre famille politique".

Bruno Retailleau, président des Républicains, se dit favorable à une primaire, mais seulement si Édouard Philippe y participe, selon ses propos rapportés par RCF Notre-Dame. Son entourage a qualifié auprès de franceinfo de "fantaisiste et ridicule" la proposition de voir Bruno Retailleau et Raphaël Glucksmann participer à la même primaire.

Des positions contrastées au centre et à droite

Au MoDem, François Bayrou a plaidé à plusieurs reprises cet été pour une primaire allant de la droite à la gauche modérée. Une source centriste estime toutefois que "les primaires sont des fabriques à rancœurs et à perdants", et préférerait un "programme d'unité nationale".

David Lisnard, maire de Cannes et fondateur du parti Nouvelle Energie, figure parmi les rares soutiens à cette primaire. Il déclare : "Je ne veux pas faire campagne pour Edouard Philippe", tout en précisant qu'il respectera le résultat du scrutin. Prisca Thévenot, députée, défend de son côté le projet : "Le périmètre de cette primaire ne doit pas porter sur des noms, mais sur des valeurs communes et des lignes rouges communes, et nous en avons." Il reste un peu moins de six mois à la droite et au centre avant le premier tour de l'élection présidentielle, fixé au 18 avril 2027.

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