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Je n'ai pas reçu le titre original : envoie-le et je le reformulerai.

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L'Indonésie et une partie de l'Asie font face à une catastrophe environnementale majeure. Depuis cet été, des incendies d'une ampleur exceptionnelle ravagent les forêts des îles de Sumatra, de Bornéo, de Papouasie et de Java, avec des conséquences sanitaires qui dépassent les frontières du pays.

Une crise sanitaire aux répercussions régionales

Quatre hommes sont morts jeudi en combattant les flammes dans un parc national de Java, selon le ministère des Forêts indonésien. Près de 60 000 agents et pompiers sont mobilisés, mais la sécheresse persistante et les vents violents compliquent les opérations. Vendredi 16 octobre, le Centre météorologique spécialisé de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) a déclenché son niveau d'alerte maximal pour la qualité de l'air dans la région.

Dans les zones touchées, les fumées obscurcissent le ciel, teinté d'orange, et réduisent parfois la visibilité à quelques dizaines de mètres. Selon un bilan communiqué mercredi par le ministère de la Santé local, plus de 280 000 personnes souffrent de troubles respiratoires liés à la pollution. Les hôpitaux enregistrent une hausse des consultations. « On a vu une hausse du nombre d'adultes et de personnes âgées qui viennent consulter », explique Irvan Maulana, médecin dans un hôpital de l'île de Bornéo, sur France 2. De nombreuses écoles et infrastructures publiques ont dû fermer.

Transportées par les vents, les fumées affectent aussi plusieurs pays voisins. Singapour et Kuala Lumpur, en Malaisie, figurent parmi les villes les plus polluées au monde, selon le site de surveillance de la qualité de l'air IQAir. Depuis la mi-août, environ 2 400 vols à travers le pays ont par ailleurs été perturbés par les fumées toxiques, d'après le ministère des Transports indonésien.

Sécheresse, El Niño et défrichement

Si les incendies sont fréquents pendant la saison sèche, qui s'étend d'avril à octobre, leur intensité s'explique notamment par deux facteurs. Le phénomène El Niño accentue les sécheresses et assèche les sols, rendant la végétation plus inflammable. Selon Wang Jingyu, expert en sciences de l'atmosphère basé à Singapour, « la température de la surface de la mer est plus froide que la normale ». « Dans ces conditions, (...) nous n'avons pas suffisamment d'évaporation provenant de l'océan », explique-t-il à l'AFP, résumant : « Nous n'avons pas assez de pluie, le feu ne peut pas être facilement éteint. »

Les pratiques humaines aggravent la situation, notamment le défrichement par brûlis, qui sert à créer illégalement des terres agricoles et des plantations de palmiers à huile. Fin août, la police indonésienne a annoncé l'arrestation de 72 personnes soupçonnées d'avoir volontairement déclenché des feux pour défricher des parcelles. Depuis le début de l'année, plus de 900 000 hectares de forêts et de tourbières sont partis en fumée. Or ces dernières stockent d'importantes quantités de carbone, dont la combustion libère des gaz à effet de serre.

Une biodiversité menacée

Les habitats de nombreuses espèces, notamment des orangs-outans, sont détruits, rappelle le média Vakita, et les animaux survivants risquent de manquer de nourriture. Dans un communiqué, l'agence de conservation des ressources naturelles du Kalimantan occidental et l'organisation indonésienne de protection de l'environnement YIARI indiquent : « Du 6 août au 10 octobre, une équipe conjointe a évacué 51 orangs-outans de plusieurs sites (...) dans le Kalimantan occidental à mesure que les incendies touchaient de plus en plus leur habitat. »

Le président indonésien, Prabowo Subianto, a promis mercredi de renforcer les moyens de lutte. Sophie Boisseau du Rocher, ancienne chercheuse associée au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (Ifri), interrogée par RFI, estime toutefois que la réponse reste insuffisante face à l'ampleur de la catastrophe. L'Indonésie a accepté l'aide internationale proposée par les pays voisins. Toute l'Asie du Sud-Est espère désormais l'arrivée de la saison des pluies, dont le retard prolonge la crise.

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