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Guyane : la sécheresse bloque les pirogues et contraint 40 000 habitants à être ravitaillés par avion

Guyane : la sécheresse bloque les pirogues et contraint 40 000 habitants à être ravitaillés par avion

En Guyane, la sécheresse est telle que la navigation fluviale est à l'arrêt, ce qui bloque l'acheminement des denrées alimentaires vers des zones isolées. Un pont aérien a été mis en place pour ravitailler les habitants coupés du monde.

Jamais depuis cinquante ans il n'avait plu aussi peu dans le département. Les pirogues peinent à trouver leur chemin au milieu des rochers affleurants. Pourtant, la voie fluviale reste le seul moyen d'approvisionner près de 40 000 habitants vivant dans des communes isolées, comme Apatou, sur le fleuve Maroni.

« C'est notre moyen de transport, c'est comme un bus. C'est dans la vie de tous les gens qui vivent sur le fleuve », témoigne un habitant, piroguier de profession. La situation se dégrade chaque jour : « Il y a deux semaines, ça passait. Mais là, ça ne passe plus. » Il doit désormais emprunter des détours, qui allongent ses trajets et augmentent sa consommation de gazole, alors que les prix flambent déjà. « Un sac de riz de 25 kilos, c'est 50 euros, d'habitude, c'est 30 ou 35 euros », illustre-t-il.

Un pont aérien et l'armée mobilisée

La sécheresse est attribuée au changement climatique, combiné à un phénomène El Niño très puissant. Par endroits, la navigation fluviale est totalement bloquée, et le plan Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) a été déclenché. Le pont aérien doit approvisionner 40 000 personnes isolées, dans trois communes situées sur le fleuve Maroni et une sur le fleuve Oyapock.

Comme lors de la crise de 2024, l'armée est mobilisée. « Les trois Transall des forces armées en Guyane seront sollicités aussi bien pour le transport de fret que pour le transport de personnes », a annoncé Antoine Poussier, préfet de Guyane, le 22 octobre.

Des incendies dans la savane

Ailleurs dans le département, la situation est tout aussi difficile. Près du littoral, les incendies se multiplient dans la savane, et près de 150 départs de feu ont été comptabilisés depuis juillet. Les équipes de secours sont confrontées à un problème d'approvisionnement en eau. « On ne peut pas faire de ravitaillement en eau, donc je suis obligé d'avoir un porteur d'eau pour ravitailler les engins en action », explique Garry Jean-Zephirin, lieutenant des pompiers guyanais.

Les pluies ne sont pas attendues avant les premiers mois de 2027. Le reportage évoque par ailleurs des conséquences économiques et environnementales qui pourraient être désastreuses.

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