Des centaines de personnes se sont rassemblées lundi 19 octobre devant les mairies de plusieurs communes de France, deux jours après la dégradation de plusieurs d'entre elles en marge du mouvement du 17 octobre. Ces rassemblements faisaient suite à un appel de l'Association des maires de France (AMF).
- Des rassemblements ont eu lieu devant des mairies à travers la France en réaction aux violences du 17 octobre.
- Les dégradations ont visé principalement des hôtels de ville, illustrant une attaque contre la paix civile et les libertés publiques.
- Les messages des élus varient entre soutien à la sécurité locale et critique de la gestion politique nationale.
- Certains rassemblements sont modestes, mais ils portent un message symbolique fort sur le rôle des mairies dans la démocratie.
Les dégradations ont notamment touché les hôtels de ville de Limoges et de Marseille. Dans son appel, l'AMF a estimé que ces actes allaient « bien au-delà du symbole ». « Incendier une mairie, agresser ses agents, les menacer de mort comme à Limoges, sont des actes qui vont bien au-delà du symbole, a écrit l'association. C'est une attaque organisée contre ce que nous avons en commun de plus précieux : la paix civile et nos libertés publiques fondamentales. »
Une mobilisation dans toute la France
Une centaine de personnes se sont rassemblées à Brest et Quimper (Finistère), Lorient (Morbihan), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Caen (Calvados) ou Dijon (Côte-d'Or). Une soixantaine de personnes se sont réunies à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), selon le décompte du réseau ICI.
À Lille, les élus, les agents de la Ville et les habitants se sont réunis à midi pour rappeler leur attachement à l'Hôtel de Ville et au service public, ainsi que leur soutien aux commerçants ciblés par des pillages, selon la Ville de Lille.
À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a estimé, devant une centaine de personnes, que « tant qu'il n'est pas donné de réponse politique à la crise, ça ne se résoudra pas ». À Cannes, David Lisnard, maire de la commune, à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, a tenu un discours plus offensif : « On ne veut pas de bougie, on ne veut pas pleurer, on ne veut pas de peluches, on ne veut pas de grandes déclarations. » Il dénonce des gouvernants « imprévoyants », « qui ont laissé ce pays se dégrader ».
Des élus au message contrasté
Dans des communes plus petites, le message se voulait moins politique. « Être présents, ensemble, devant nos mairies, c'est rappeler que nos communes sont des lieux de proximité et de rassemblement, au service de tous », a déclaré le maire de Naucelle, commune de l'Aveyron comptant 2 000 habitants.
À Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), le maire Jean Etchegaray a rappelé qu'« une mairie, ce n'est pas simplement un bâtiment. C'est la maison commune. C'est le service public, la proximité, le lien entre les citoyens. » À Clermont-Ferrand, le maire Julien Bony a décrit sa mairie comme « la porte d'entrée des services publics pour les plus fragiles ». Il y a, selon lui, « le cœur vivant de la démocratie ».
Ces rassemblements, programmés en pleine semaine, ont parfois réuni un public restreint. Pour Sophie Douvry, maire d'Alençon (Orne), cette affluence ne traduit pas un désintérêt citoyen, selon ce qu'elle veut croire. Citée par Ouest-France, elle a souligné auprès de l'assistance que sa « présence, ici, porte un message qui dépasse largement le nombre de personnes réunies ».
