Cancer de la peau : comment fonctionne le vaccin testé avec succès contre les récidives ?

Cancer de la peau : comment fonctionne le vaccin testé avec succès contre les récidives ?

Un vaccin adapté à chaque patient donne des résultats très prometteurs contre le mélanome, le cancer de la peau le plus mortel, selon un reportage consacré à ce traitement. Quelque 82% des patients qui l'ont reçu n'ont pas connu de récidive, et parmi eux figure Nathalie Bréand, qui se dit aujourd'hui moins inquiète pour son avenir, avec deux ans de recul.

Un parcours marqué par une tumeur agressive

Aujourd'hui, Nathalie Bréand marche normalement, mais elle a lutté pendant des mois contre un cancer de la peau très agressif qui a touché l'une de ses jambes. « Je suis presque à 100% de ma forme », confie-t-elle.

La maladie a commencé par un simple grain de beauté qui, au fil des mois, a grossi. « C'est le mélanome qui a été retiré sur ma jambe gauche », explique-t-elle en montrant les photos prises avant l'opération. Après l'intervention, puis une greffe, elle s'est vu proposer un vaccin expérimental pour éviter une récidive. « Quand on me l'a proposé, je n'ai pas réfléchi, j'ai dit oui tout de suite. »

Le retrait de la tumeur ne suffisait pas à lui rendre sa sérénité, le mélanome présentant un très fort taux de récidive. « J'ai eu neuf injections. C'était tous les vendredis et le samedi, j'étais très affaiblie », se souvient-elle.

Un vaccin à base d'ARN fabriqué à partir de la tumeur

Comme elle, 1 000 personnes dans le monde ont suivi ce nouveau protocole des laboratoires Merck et Moderna. Ce vaccin à base d'ARN n'est pas préventif : il ne s'adresse qu'aux malades.

Concrètement, la tumeur et un échantillon sanguin du patient sont analysés. Grâce à un séquençage de l'ADN, les mutations génétiques propres à la tumeur sont repérées. Le vaccin, à ARN messager, est alors fabriqué sur mesure : il doit aider le système immunitaire à cibler les cellules cancéreuses si elles reviennent.

Au total, 82% des patients ayant reçu ce vaccin associé à leur immunothérapie n'ont pas eu de récidive. Pour le Pr Caroline Robert, oncologue à l'Hôpital Gustave Roussy (Villejuif), l'essai est très prometteur : « Cette découverte, maintenant, elle ruisselle dans d'autres cancers. Il y a des essais cliniques dans d'autres types de cancers, notamment dans le poumon. Il y en a aussi en ORL. C'est quand même un énorme pas en avant. »

Un accès encore lointain et coûteux

Le vaccin ne sera pas disponible en France avant deux ans au minimum. Son coût, qui dépasse les 100 000 euros, pose question.

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