BFMTV a dénoncé, dimanche 25 octobre, des "accusations sans fondement" formulées par La France insoumise (LFI), qui reproche à la chaîne de laisser prospérer des propos "racistes" sur son antenne. Le différend fait suite à un échange survenu samedi, lors d'une manifestation à Paris, entre Jean-Luc Mélenchon et une journaliste de la chaîne.
Présent dans le cortège parisien, le leader de LFI et candidat à la présidentielle a coupé court à une question posée par cette journaliste, qui l'interrogeait sur les réponses à apporter au mouvement lycéen. "Et vous, BFM, commencez à vous calmer sur les remarques racistes de toute sorte, parce que ça commence à bien faire", a-t-il déclaré. "Allez faire du racisme à la télé et foutez-nous la paix !", a-t-il ensuite lancé.
Le parti reproche notamment à la chaîne d'inviter régulièrement le candidat d'extrême droite Eric Zemmour, président de Reconquête.
Des propos sur les quartiers populaires
Invité dimanche sur le plateau de BFMTV, le député du Val-de-Marne Louis Boyard a déploré "des propos racistes qui ont été tenus par le multicondamné Zemmour" à l'antenne. Ces échanges interviennent après les manifestations du 17 octobre, entachées par des violences dans plusieurs villes.
Le parlementaire a également mis en cause le traitement médiatique de certains territoires. "Vous avez des responsables politiques qui tiennent des propos racistes au quotidien, mais vous avez aussi des médias qui donnent une image des quartiers populaires qui est tellement injuste", a-t-il dit. "Et parce qu'on déshumanise ces habitants des quartiers populaires, ça favorise le passage à l'acte de ces militants d'extrême droite", a-t-il soutenu. Ses propos interviennent deux jours après un attentat raciste dans les Yvelines, qui a fait un mort et cinq blessés.
La réponse de la chaîne
Dans un communiqué publié dimanche soir, BFMTV affirme qu'elle "n'accepte pas d'être la cible de pressions, ni d'être instrumentalisée à des fins politiques ou de déstabilisation". Le média dénonce "une campagne de dénigrement publique notamment autour de Sonia Mabrouk".
Ce différend s'inscrit dans des relations déjà tendues. En septembre, LFI avait boycotté les émissions de BFMTV avant d'annoncer que ses membres se rendraient à nouveau sur ses plateaux, à l'exception de l'émission "100% Mabrouk", animée par l'ancienne journaliste d'Europe 1/CNews, pour protester contre "une dérive de la ligne éditoriale vers l'extrême droite".
