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Émeutes en Nouvelle-Calédonie : un deuxième gendarme tué à la suite d'un "tir accidentel"

  • Des émeutes meurtrières en Nouvelle-Calédonie :
  • Cinq personnes dont deux gendarmes ont perdu la vie
  • Arrivée de renforts et mesures drastiques pour rétablir l'ordre
  • Mise en place d'un état d'urgence et interdiction de TikTok

La Nouvelle-Calédonie connaît des heures sombres avec des émeutes qui ont causé la mort de cinq personnes, dont deux gendarmes. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l'arrivée de renforts pour endiguer la violence et rétablir l'ordre. Des mesures draconiennes ont été prises par le gouvernement, notamment l'instauration d'un état d'urgence et l'interdiction de TikTok.

Émeutes en Nouvelle-Calédonie : un deuxième gendarme tué à la suite d'un ˝tir accidentel˝

Un bilan lourd et des mesures drastiques

Depuis le début des émeutes lundi en Nouvelle-Calédonie en réponse à une réforme électorale contestée, cinq personnes sont décédées, parmi lesquelles deux jeunes Calédoniens de 20 et 36 ans, une jeune fille de 17 ans, et deux gendarmes. Le deuxième gendarme a été tué ce matin suite à un "tir accidentel". Selon le ministère de l'Intérieur, cet accident a eu lieu alors que les gendarmes se préparaient à une mission de sécurisation.

La violence n'a pas faibli malgré les premières interventions des forces de l'ordre. Louis Le Franc, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, a décrit la situation comme "moins violente que précédemment mais encore extrêmement tendue". Il a indiqué que 64 gendarmes et policiers avaient été blessés depuis lundi et près de 200 émeutiers ont été interpellés.

L'état d'urgence est entré en vigueur ce jeudi matin à 5 heures locales. Cette mesure exceptionnelle permet entre autres au gouvernement de restreindre les communications pour limiter les appels à la violence. Ainsi, TikTok a été interdit dans l'archipel en raison des messages haineux qui y circulaient.

Réactions politiques et accusations

Les autorités françaises ont vivement réagi pour tenter de reprendre le contrôle. Emmanuel Macron présidera un conseil de défense et de sécurité nationale ce jeudi pour aborder la situation. De son côté, Gabriel Attal, Premier ministre, a déjà réuni une cellule de crise interministérielle ce matin. Sur Twitter, il a insisté sur la nécessité du retour à l'ordre avant toute reprise du dialogue : "Tout est mis en œuvre pour que les Calédoniens retrouvent l’ordre et le calme auxquels ils ont droit."

Des accusations d'ingérence étrangère compliquent encore davantage la situation. Gérald Darmanin a attribué une partie des troubles à des influences extérieures, pointant du doigt l’Azerbaïdjan pour son rôle présumé. En réponse, Bakou a catégoriquement rejeté ces accusations qu’elle qualifie d’"infondées" et "insultantes". La diplomatie azerbaïdjanaise a nié tout lien avec les leaders du mouvement indépendantiste calédonien.

Cette crise humanitaire commence aussi à affecter le secteur sanitaire localement. Les hôpitaux font face à des pénuries critiques, notamment en sang après le saccage d’un centre de don du sang. Le haut-commissaire Louis Le Franc a tiré la sonnette d’alarme : "Nous manquons de sang." La mise en place d’un pont aérien annoncé par Gabriel Attal vise précisément à assurer l’approvisionnement en produits essentiels.

Face aux tensions qui perdurent en Nouvelle-Calédonie, autorités locales et nationales redoublent d’efforts pour rétablir un climat apaisé sur l’archipel. Le déploiement massif des forces de sécurité et les mesures exceptionnelles telles que l’interdiction de TikTok illustrent la gravité de la situation.

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Thomas

Journaliste freelance, fan d'aviron et de voyages.