Les maires de Paris et de Marseille, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, réclament des "explications" sur la gestion du maintien de l'ordre et sur les choix politiques du gouvernement, au lendemain des violences survenues lors de la mobilisation de samedi. Invités lundi 19 octobre sur France Inter, les deux élus socialistes ont critiqué la stratégie des forces de l'ordre.
- Les maires de Paris et Marseille critiquent la gestion du maintien de l'ordre.
- Ils contestent certains chiffres officiels et pointent des dysfonctionnements.
- La pression monte pour comprendre les choix politiques et policiers liés aux violences.
- Les pillages continuent, et les maires réclament des indemnisations précises.
Emmanuel Grégoire, maire de Paris, dénonce "une forme de pourrissement de ce mouvement social qui est organisé par le gouvernement". Deux jours après la manifestation, il estime qu'il est désormais temps de "comprendre ce qu'il s'est passé, ce qui a dysfonctionné sur le plan de l'ordre public". Il évoque une possible sous-estimation du nombre de casseurs et s'interroge sur les effectifs déployés sur le terrain. Il critique aussi les "nasses empêchant les manifestants de bonne foi par milliers de venir sur place avec des casseurs infiltrés aux abords de la manifestation". Selon lui, "on ne peut pas accepter que ce débat soit juste un débat d'ordre public". Les violences se sont poursuivies dimanche dans la capitale.
Un chiffre contesté à Marseille
Benoît Payan, maire de Marseille, juge la "doctrine" du maintien de l'ordre du gouvernement "inefficace". Il souhaite "comprendre la doctrine d'emploi des forces de l'ordre et du maintien de l'ordre dans ce pays". Samedi, la mairie de Marseille a été brièvement investie par des manifestants, avant d'être dispersée par les forces de l'ordre. L'élu attend les réponses du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qu'il doit rencontrer lundi, notamment sur le repli d'un cordon de CRS qui a permis aux casseurs de pénétrer dans le bâtiment.
Benoît Payan met en doute le chiffre de 30 000 casseurs avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône. "Je trouve cette défense assez ridicule. 30 000, c'est la moitié du stade Vélodrome", affirme-t-il. Selon lui, "des policiers et des gradés de la préfecture eux parlent de 1 500". Il s'étonne également que les gaz lacrymogènes aient été employés "non pas sur les pilleurs et sur les casseurs à Marseille, mais sur les manifestants".
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a reconnu sur France Inter un "manque d'anticipation" et "une perte de contrôle". Il a présenté sa démission au président Emmanuel Macron, qui l'a refusée, la veille.
Pillages et indemnisations
Selon Emmanuel Grégoire, "au moins une trentaine de commerçants" ont été pillés à Paris dans la nuit de dimanche à lundi. "Ça n'a pas l'ampleur de samedi, mais il y a eu des scènes insupportables de groupes de pilleurs qui se sont répartis dans plusieurs quartiers de la ville", déclare-t-il. Le maire affirme avoir passé la nuit sur le terrain.
À Marseille, Benoît Payan indique que les pillages se poursuivent de manière "sporadique", avec des interventions de la police nationale et de la police municipale durant toute la nuit. Il réclame "une indemnisation au centime près" pour les dégradations. "Dans cette République, il appartient à l'État de garantir la tranquillité publique et l'ordre", affirme-t-il, ajoutant qu'il évoquera ce point avec le ministre de l'Intérieur.
