Au lendemain de la mobilisation du samedi 17 octobre contre "la vie chère", l'hôtel de ville de Limoges (Haute-Vienne) a été incendié, des manifestants ont forcé les portes des mairies de Marseille et Lille, et des commerces ont été pillés, saccagés ou brûlés, notamment à Paris. Ces scènes de chaos ont éclipsé les revendications des centaines de milliers de manifestants, et la question de la responsabilité divise désormais la classe politique.
Dès samedi, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a désigné La France insoumise. Lors d'une visite nocturne aux policiers à Paris, il a déclaré qu'il était "désormais le moment de choisir son camp", ajoutant : "Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l'ordre, […] soit on est du côté des casseurs". Il a plusieurs fois dénoncé "l'ultragauche" violente.
Le chef des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, a répliqué sur X : "A minuit, tout ce que Lecornu trouve à dire c'est : "C'est la faute à LFI"". Il a accusé le Premier ministre d'être "le responsable du chaos qu'il a méthodiquement préparé par incompétence ou par stratégie du pire". Le député Eric Coquerel a, dimanche sur franceinfo, jugé que le gouvernement est "principalement responsable de ce qui est en train d'arriver".
Des appels à la démission et à la fermeté
Au sein de la gauche, plusieurs responsables critiquent la stratégie de maintien de l'ordre adoptée samedi. La patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a demandé au gouvernement de la "revoir", avant d'appeler, dans un communiqué dimanche matin, à la démission du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Le patron du PS, Olivier Faure, estime pour sa part que "la doctrine de maintien de l'ordre doit être profondément modifiée". Raphaël Glucksmann, candidat de la gauche social-démocrate à la présidentielle, a jugé que saccager les mairies et brûler les camions de pompiers était "injustifiable et inacceptable".
À droite et à l'extrême droite, les réactions visent également le pouvoir exécutif. Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a dénoncé les "politiques toxiques macronistes". Le parti a par ailleurs partagé sur X des visuels qualifiant Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu de "parti du chaos". Jordan Bardella, président du RN, a écrit que "dès mai 2027, si la majorité silencieuse des Français le décide, nous rétablirons durablement l'ordre". Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur et candidat de droite, a évoqué "une sauvagerie sans limites", tandis que Gabriel Attal (Renaissance) et Edouard Philippe (Horizons) ont exprimé leur soutien aux policiers.
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Selon Laurent Nuñez, 1 800 personnes ont été interpellées et 500 membres des forces de l'ordre ont été blessés. Le ministre a souligné que "manifester [étai]t un droit fondamental", mais que "semer le désordre avec violence et de manière concertée n'en [étai]t pas un". Emmanuel Macron, qui a promis que les auteurs de dégradations seraient "poursuivis et punis", doit s'adresser solennellement aux Français dimanche à 20 heures, a annoncé l'Elysée.
