Emmanuel Macron préside, vendredi 23 octobre, un conseil de défense, avant de recevoir dans l'après-midi les organisations lycéennes. Ces annonces interviennent après les violences du week-end et alors que le chef de l'Etat est critiqué pour ses décisions sur les manifestations, à la veille de nouvelles mobilisations prévues le samedi 24 octobre.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé la décision du président d'interdire les manifestations non déclarées par les syndicats, ainsi que celle de plusieurs préfectures, notamment à Marseille et Lyon, de refuser des rassemblements. "C'est très grave, la liberté de manifester c'est le fondement de la démocratie", a-t-elle déclaré sur franceinfo. "Les organisations syndicales ne peuvent pas avoir le monopole du droit à manifester", a-t-elle ajouté.
Selon l'Elysée, des "décisions supplémentaires" en matière de sécurité sont attendues à l'issue du conseil de défense. Dans le même temps, le président du Medef, Patrick Martin, demande à l'Etat de prendre "des mesures beaucoup plus fortes" pour protéger "les biens et les personnes". Il a aussi appelé les entreprises à ne pas "tomber dans l'auto-défense", alors que certains commerçants prennent des dispositions en amont des manifestations.
Des interdictions contestées
Le maire Les Républicains de Valence, Nicolas Daragon, vice-président de l'Association des maires de France, juge les interdictions de manifester dans les centres-villes "une bonne mesure". À Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône est revenu sur sa décision de suspendre les transports publics, selon la préfecture, qui indique que leur régulation sera "réalisée comme à l'accoutumée, en fonction de la situation d'ordre public du moment". Un couvre-feu élargi aux majeurs doit par ailleurs être imposé dans la ville, où toutes les manifestations sont interdites.
La députée européenne LFI Manon Aubry estime pour sa part que "le droit de manifester est sévèrement atteint aujourd'hui". Sur France 2, Gabriel Attal, candidat Renaissance à l'élection présidentielle, affirme qu'il faut "concilier deux choses : le droit de manifester et le droit des Français d'être en sécurité". Il fait confiance, dit-il, "à la justice administrative, parce qu'elle contrôle ces décisions puisqu'il y a des recours à chaque fois".
Romain Boulet, coprésident de l'Association des avocats pénalistes, dénonce sur France Inter "sans doute la semaine la plus répressive de l'histoire de la Ve République". Environ 2 700 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des violences en marge de la mobilisation du 17 octobre. Selon le ministre de la Justice, 217 d'entre elles ont été incarcérées.
Les lycéens reçus à l'Elysée
Les organisations lycéennes n'avaient pas été conviées à la réunion de mercredi entre le gouvernement et les formations syndicales. Dans un communiqué publié jeudi, la présidence indique que "le chef de l'Etat souhaite pouvoir écouter les revendications et les inquiétudes des représentants lycéens". Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen et militant du parti présidentiel Renaissance, dit espérer "une prise de conscience de l'exécutif" et attendre "des mesures très concrètes sur la table".
Vingt-trois départements, de la Bretagne aux Hauts-de-France en passant par l'Ile-de-France, sont placés en vigilance orange aux vents violents, en raison du passage de la dépression Austen. Quelque 121 000 foyers étaient privés d'électricité à 7 heures, selon Enedis.
