Un street medic, c'est-à-dire un manifestant bénévole formé aux premiers secours, a été blessé lors de la manifestation du samedi 17 octobre, place de la République à Paris. Après la diffusion de vidéos de la scène sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s'étaient demandé s'il était mort. Franceinfo, qui l'a retrouvé, indique qu'il n'est pas mort, mais qu'il est blessé et choqué.
- Un street medic a été blessé lors d'une manifestation à Paris.
- Il a été frappé par des CRS alors qu'il tentait de s'interposer.
- Il souffre d'un traumatisme crânien mais n'est pas mort.
- Il appelle au manifeste pacifique malgré sa blessure.
Des coups alors qu'il tentait de s'interposer
Vers 16 heures, les CRS affrontaient depuis plusieurs heures les manifestants sur la place de la République. Antoine, qui a reçu une formation aux gestes de secours, voit alors un camion canon à eau approcher et tente de l'empêcher de passer. "Je me suis dit qu'un mec qui s'interpose, c'est un peu symbolique, raconte-t-il. Je me suis mis au milieu et j'ai simplement tendu les bras de manière à ce qu'ils voient que je n'étais pas menaçant."
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Plusieurs vidéos de la scène, que franceinfo dit avoir authentifiées, le montrent les bras écartés. Selon son récit, des policiers arrivent et le frappent avec des boucliers et des matraques, alors qu'il répète être street medic. "C'était écrit sur mon tee-shirt et j'avais un brassard que j'avais bricolé avec une croix rouge, dit-il. J'ai pris plusieurs coups à la tête, des coups un peu partout." Il affirme avoir ensuite perdu connaissance : "Quand j'ai senti que je perdais connaissance, je n'ai pas cherché à lutter."
Pendant qu'il est inconscient, des CRS le traînent au sol par son sac à dos, puis le laissent quelques instants allongé dans les débris des affrontements. Ils le portent ensuite par les bras et les jambes, avant de le placer en position latérale de sécurité, selon les vidéos décrites par franceinfo.
Une prise en charge par les secours
D'autres street medics et des journalistes viennent alors à son aide. Une personne présente raconte qu'"il a redit qu'il était, à la base, présent à la manifestation pour soigner, mais on sentait qu'il voulait aussi s'en prendre aux policiers". Une autre personne affirme avoir transporté le blessé jusqu'à une rue voisine, où les pompiers prennent le relais. Une vidéo montre Antoine reprenant doucement connaissance auprès d'eux. Un pompier décrit la scène : "Le jeune homme reprenait conscience, il ne présentait pas de lésion ni de fracture apparente, on a décidé de l'éloigner des affrontements de la place de la République pour qu'il soit sécurisé."
De retour chez lui, Antoine se sent mal tout le week-end. "Je suis tout le dimanche au lit avec des maux de crâne assez importants, et lundi, comme ça n'allait pas mieux, j'ai appelé le SAMU pour aller à l'hôpital." Il présente un traumatisme crânien. Il n'a pas déposé plainte et dit ne pas croire en l'efficacité de l'IGPN, la police des polices.
Mardi 20 octobre, il a publié une vidéo sur Instagram pour appeler à manifester pacifiquement, sans céder à la violence, estimant que c'est ce que veulent les forces de l'ordre.
