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Après les violences du 17 octobre, Bruno Cautrès dénonce " un dysfonctionnement majeur de l'État " dans ses missions régaliennes

Après les violences du 17 octobre, Bruno Cautrès dénonce " un dysfonctionnement majeur de l'État " dans ses missions régaliennes

Invité de "La Matinale", lundi 19 octobre, Bruno Cautrès, enseignant à Science Po et chercheur au CEVIPOF, a réagi aux déclarations d'Emmanuel Macron après les violences qui ont éclaté ce week-end en France. Interrogé sur une éventuelle démission de Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, il estime que la situation est "compliquée".

  • Bruno Cautrès dénonce un dysfonctionnement majeur de l'État dans la sécurité civile après les violences du 17 octobre.
  • Il considère que le président Macron a utilisé une stratégie de communication plutôt qu’un changement de responsables.
  • Le chercheur pense que Laurent Nuñez bénéficie d'une seconde chance, mais demande des explications claires sur les fautes commises.
  • Il critique aussi le manque de propositions concrètes d’Emmanuel Macron pour améliorer la situation.

Selon lui, il y a eu "un défaut majeur, un dysfonctionnement majeur de l'État" dans l'une de ses missions régaliennes, la sécurité civile. Il affirme que "le principe de responsabilité" doit jouer et rappelle l'article 8 de la Constitution, qui prévoit que le président de la République nomme les ministres et met fin à leurs fonctions. Le ministre peut présenter sa démission, et le chef de l'État peut la refuser.

Une deuxième chance pour le ministre

Lundi matin, l'Élysée a reconnu des défaillances et indiqué qu'il fallait changer de méthode. Bruno Cautrès voit plutôt dans la prise de parole du chef de l'État de dimanche soir "une stratégie de communication bien pensée". Selon lui, Emmanuel Macron a d'abord rappelé "les règles du jeu", le respect de la loi et "la violence condamnable dans tous les cas de figure", avant d'engager une communication axée sur la maîtrise de la sécurité du pays.

Il estime que le chef de l'État n'a pas remplacé le ministre de l'Intérieur en raison de l'organisation des prochaines mobilisations en matière de sécurité. Un nouveau défaut de sécurité intérieure serait, selon lui, "simplement intenable". Pour l'instant, le ministre bénéficie d'une deuxième chance, à condition qu'il n'y ait pas à nouveau de défaut majeur de sécurité. Le calendrier pèse également : le chef de l'État entame son dernier semestre à l'Élysée, et il serait difficile, dans ce laps de temps, de changer de ministre et de trouver une personne jugée compétente pour incarner la sécurité publique.

Le maintien de l'ordre en question

Interrogé sur le maintien de l'ordre depuis l'élection d'Emmanuel Macron, Bruno Cautrès rappelle que Laurent Nuñez avait été nommé préfet de police de Paris pour succéder à M. Lallement, dont le modèle de maintien de l'ordre avait suscité des controverses très importantes. À la fin de la crise des Gilets jaunes, Laurent Nuñez avait pris sa place, et beaucoup avaient souligné son professionnalisme ainsi qu'une nouvelle doctrine du maintien de l'ordre.

Le chercheur juge "fondamental" que l'État explique "ce qui s'est passé, où était le défaut". Il se demande si celui-ci se situe du côté du renseignement ou de la répartition des forces de l'ordre, et estime que les Français ont besoin de le savoir. Pour lui, l'allocution d'Emmanuel Macron n'est "pas du tout suffisante", car le chef de l'État n'a pas "esquissé des pistes de propositions concrètes". Il ajoute que les lycéens formulent des demandes "extrêmement empiriques et concrètes", auxquelles il appartient à l'État de répondre.

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