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Brésil : un scrutin présidentiel incertain dans un pays profondément divisé

Brésil : un scrutin présidentiel incertain dans un pays profondément divisé

Les Brésiliens votent dimanche 25 octobre pour le second tour de l'élection présidentielle, qui oppose Lula da Silva à Flavio Bolsonaro. Selon les derniers sondages, les deux candidats sont au coude-à-coude, à 50/50, sans favori clairement désigné. Dans un pays profondément divisé, les partisans des deux camps défendent des visions opposées de l'avenir du Brésil.

Le pays semble partagé en deux parties qui ne se comprennent pas, comme si elles ne parlaient pas la même langue. À Rio de Janeiro, Janaina affirme sans agressivité, mais avec détermination, que "des raisons pour que Lula reste, il n'y en a pas". Pour elle, Lula ne représente que le déclin.

Denilson estime que l'avenir doit s'écrire avec un Bolsonaro, "peu importe son prénom". "C'est une famille qui défend le Brésil, dit-il. Le père ne peut pas être élu parce qu'il a été injustement condamné, donc le fils représente le père dans cette campagne que nous allons gagner. C'est le message d'un peuple qui veut le retour du père comme président."

Les électeurs d'extrême droite sont convaincus que les Bolsonaro sont la solution, même si Flavio Bolsonaro fait l'objet de plusieurs enquêtes pour corruption et si Jair Bolsonaro, président de 2018 à 2022, purge une peine pour tentative de coup d'État.

Un électorat opposé qui ne comprend pas

Dans le camp adverse, André se dit incapable d'expliquer ce retour. "C'est complètement fou, déclare-t-il. Les Brésiliens ont été maltraités. Il y a eu 700 000 morts pendant la pandémie. Le père Bolsonaro multipliait les déclarations totalement absurdes et barbares. Ce retour est étrange. Je n'arrive pas à expliquer."

Réseaux sociaux et démonstrations de rue

Laura, elle, cherche l'explication sur les réseaux sociaux. Elle estime que le propriétaire américain d'Instagram, de Facebook et de WhatsApp, sanctionné par la justice électorale brésilienne, a clairement dopé la diffusion des messages bolsonaristes. "Je n'arrivais même pas à poster le nom de Lula sur mon compte, raconte-t-elle. On devait mettre un espace entre chaque lettre pour que ça marche, on ne pouvait pas regarder les vidéos jusqu'à la fin. Pour moi, ça prouve qu'il y a eu manipulation."

Ces électeurs, qui disent se heurter à ces restrictions sur les réseaux sociaux, ont choisi une méthode plus traditionnelle pour soutenir leur candidat : la démonstration de force dans la rue, jusqu'à la clôture de la campagne électorale.

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