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À Orléans, Marine Le Pen lance sa campagne dans une ville placée sous haute surveillance

À Orléans, Marine Le Pen lance sa campagne dans une ville placée sous haute surveillance

Marine Le Pen, patronne du Rassemblement national, a lancé dimanche 25 octobre sa campagne pour l'élection présidentielle lors d'un meeting à l'Arena d'Orléans, accompagnée par Jordan Bardella et Eric Ciotti. Pour sa quatrième candidature, la quadruple candidate à la présidentielle a pris la parole dans une ville placée sous très haute surveillance, devant, selon Jordan Bardella, 8 500 personnes.

Le meeting s'est ouvert dans une ambiance de karaoké, le chauffeur de salle faisant chanter le public sur Edith Piaf, Céline Dion ou Michel Delpech. "On grappille d'année en année, l'espoir est plus marqué, on sent un courant qui se lève", confie David, venu en famille du Loiret. À l'extérieur, la préfecture a déployé 3 000 policiers et gendarmes et interdit toute manifestation, sans empêcher une centaine de militants antifascistes de se rassembler à distance de l'Arena.

Une altercation dans les gradins

Le discours de Jordan Bardella, axé sur l'autorité, a été interrompu par une altercation dans les gradins. Pour couvrir l'incident, le président du RN a fait entonner La Marseillaise au public, tandis que le service d'ordre évacuait plusieurs militants de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), venus dénoncer "l'antisémitisme et le racisme" du parti. Deux journalistes qui filmaient la scène ont été expulsés brutalement, selon Mediapart.

Le média avait publié la veille des révélations sur des propos antisémites passés attribués au numéro 2 du ticket présidentiel, un trentenaire. "Ça n'a aucun impact auprès de nos électeurs", affirme Jean-Lin Lacapelle, membre du bureau national du RN. Un cadre du parti qualifie d'"anecdotique" l'exfiltration des journalistes de Mediapart, samedi, par le service d'ordre, après qu'ils ont été pris à partie par des militants : "Mediapart a provoqué des militants, notre service d'ordre a préféré les sortir pour les protéger." Les journalistes ont pu ensuite regagner la salle.

Un discours tourné vers la droite

Sur scène, Eric Ciotti, chef de l'UDR (Union des droites pour la République), a plaidé pour un rapprochement avec la droite, deux ans après avoir quitté Les Républicains pour rallier Marine Le Pen. "J'appelle solennellement mes anciens amis des Républicains à nous rejoindre !" a-t-il lancé. Marine Le Pen est arrivée sur scène peu après 16 h 20 et a évoqué "la renaissance de la France" pendant une heure, en s'appuyant sur l'image de Jeanne d'Arc. "Notre seule boussole, c'est la France, son redressement et le bonheur des Français", a-t-elle déclaré, tout en citant la lutte contre "l'immigration qui submerge nos villes" et "l'Etat prédateur".

Samedi, entre 13 000 et 26 000 personnes ont défilé à Orléans pour s'opposer au RN. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a accusé le parti d'être "responsable" d'un "climat délétère, raciste, xénophobe depuis très longtemps", au lendemain d'un attentat raciste à Trappes, qui a fait un mort et plusieurs blessés. Marine Le Pen a répondu que "faire un lien entre ce qui s'est passé à Trappes et nous n'est pas digne". Le RN, porté par de bons sondages, affirme de son côté que la victoire n'a jamais été aussi proche. "On a gagné la bataille des idées et de la crédibilité, il reste celle des urnes", résume Jean-Lin Lacapelle.

Malgré ces indicateurs, le parti doit encore surmonter plusieurs difficultés. La candidate n'a toujours pas obtenu de prêt bancaire pour financer sa campagne. Elle reste par ailleurs soumise à une échéance judiciaire : la Cour de cassation doit se prononcer juste avant le premier tour dans l'affaire des détournements de fonds du Parlement européen, pour laquelle elle a été condamnée en appel le 7 juillet. Elle risquerait alors de purger une peine d'un an de prison ferme, aménageable sous bracelet électronique. Une perspective que personne au RN n'envisage.

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