Mercredi 21 Novembre 2018

Critique Margin Call

Thriller axé sur le monde de la finance, les traders, et les spéculations, Margin Call, au-delà de son casting impressionnant, réussi à mettre en haleine autant par une vision nouvelle que par des mises en scènes très particulières. J.C. Chandor nous offre un film qui nous permet de porter un regard nouveau sur le monde du trading. C’est un film à la fois philosophique, mais qui nous permet aussi de mieux appréhender le monde de Wall Street et les requins qui y vivent, qui jonglent avec des millions voire des milliards de dollars chaque jours.

Le film commence un Jeudi, qui est un jour particulier pour une grande firme: aujourd’hui, c’est licenciement abusif. Nous suivons l’histoire d’un étage particulier, qui se fait faire renvoyer 80% de ses employés. Nous commençons avec Eric Dale, l’un des plus hauts gradés de l’étage, qui se fait remercier après 20 ans de bons et loyaux services. Alors qu’il explique être en train de travailler sur un truc inquiétant, ses licencieurs comme ses collègue lui font bien comprendre que ce ne sont plus ses affaires.

Au moment de sortir, il arrive cependant à confier une clé USB avec les données qui l’inquiètent tant à Peter Sullivan, juste avant de dire « Sois prudent », qui est une phrase qu’il n’a jamais prononcé de toute sa carrière. Très intrigué, Peter décide d’étudier les données, il croise avec d’autres données que Eric Dale n’avait pas eu le temps de joindre, et se rend compte de quelque chose de très moche: depuis près de deux semaines, la firme fais des allers retours entre la limite de spéculation maximale et la zone verte, autrement dit, cela fais un moment que l’argent est très en danger, et personne ne s’en est rendu compte à par Dale et Sullivan. A partir de là, Sullivan va rappeler tous ses collègues, qui vont appelés les chefs de la firme, jusqu’au directeur même, pour tenter de trouver une solution à ce qui semble être une future crise financière…

La plupart des scènes se déroulent en intérieur, ou en tout cas dans des cadres très intimistes et restreints, ce qui plonge le spectateur réellement dans l’histoire, avec les personnages. Il se sent concerné par l’histoire, il entre totalement en phase avec les problèmes, tout en gardant une objectivité vis-à-vis des personnages.

J’ai trouvé la bande-son géniale, autant qu’inexistante. Elle est très peu présente, il ya de longues scènes de tensions entre les personnages lors des réunions pour trouver des solutions aux problèmes qui sont totalement silencieuses, aucune musique n’est mise en arrière pour « habiller » le film. Même lors du générique, on continue d’entendre le bruitage de la dernière scène plutôt qu’une musique comme dans tous les génériques de film. Le bruitage reste une bonne minute avant d’être remplacé par une musique très calme. C’est d’ailleurs l’ambiance générale du film, très calme, malgré toute la tension que l’on peut ressentir dans chaque scène.

Pour finir, c’est un très bon film. Par contre, sans vouloir être insultant ni en voulant me valoriser de quelque façon que ce soit, ce n’est pas un film pour monsieur-tout-le-monde. Un spectateur lambda pourra vite se sentir largué par les discours un peu techniques, les accumulations de calculs et les diverses prises de tête entre les personnages, les manipulations, etc… car au final ce film reste très psychologique, pour ne pas dire intellectuel.

Ce n’est pas un film populaire qui pourra plaire au premier venu, mais l’histoire est intéressante, et se déroule dans un petit univers malgré les répercussions colossales qu’une erreur pourrait causer dans ce monde de requins et de traders en costumes hors de prix avec montres en or et voitures de luxes.

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