Pendant plusieurs années, des dizaines de millions de cigarettes électroniques jetables ont été vendues en France, utilisées quelques heures ou quelques jours, puis jetées à la poubelle. Leur interdiction en février 2025 a mis fin à cette logique de gaspillage de masse. Mais les vapoteurs, eux, sont toujours là. Et avec eux, un nouveau marché prend forme : celui de la cigarette électronique d'occasion.
- Le marché de la vape d'occasion se développe suite à l'interdiction des puffs jetables, qui génère un gaspillage environnemental important.
- De nombreux vapoteurs switchent vers des appareils rechargeables, créant un volume élevé de matériel inutilisé et valorisable.
- La plateforme Kelklope facilite la vente et l'achat sécurisé d'occasion, favorisant une économie circulaire et responsable.
- Cela permet aussi bien de réduire le gaspillage que de faire des économies et d'adopter une pratique plus durable.
20 millions de puffs jetées par an : le déclic écologique
Le chiffre a été cité lors des débats parlementaires qui ont conduit à l'interdiction des cigarettes électroniques jetables : plus de 20 millions de puffs étaient jetées chaque année en France. Derrière ce volume se cache un problème environnemental concret, car une puff n'est pas un déchet ordinaire.
Chaque appareil contient une batterie au lithium, une résistance, une carte électronique, du plastique et des résidus de liquide. Des chercheurs britanniques de l'organisation Material Focus ont estimé qu'une puff renferme en moyenne 0,15 gramme de lithium.
Appliqué aux 20 millions de puffs françaises, ce ratio représente environ 3 tonnes de lithium mobilisé chaque année dans des produits conçus pour être utilisés brièvement. En ajoutant le plastique, les composants électroniques et les résidus chimiques, on obtient plusieurs centaines de tonnes de déchets complexes à traiter.
Ce constat a conduit le législateur à agir. Depuis le 26 février 2025, la vente, la distribution et l'offre gratuite de cigarettes électroniques jetables sont interdites en France. La rupture est nette : les puffs ont disparu des rayons. Mais la demande de vapotage, elle, n'a pas disparu avec elles.
Des millions de vapoteurs qui ne s'arrêtent pas de vapoter
Les données de Santé publique France pour 2023 donnent la mesure du phénomène.
En France, 8,3 % des adultes âgés de 18 à 75 ans vapotaient cette année-là, dont 6,1 % de manière quotidienne. Plus de 41 % des adultes avaient déjà essayé la cigarette électronique au moins une fois. Ces chiffres représentent plusieurs millions d'utilisateurs actifs, dont une grande partie s'est tournée vers le rechargeable après l'interdiction des jetables.
Ce basculement vers des appareils plus durables est une bonne nouvelle sur le plan environnemental. Un pod rechargeable, une box ou un clearomiseur de qualité peut fonctionner plusieurs années s'il est bien entretenu. Mais cette migration de masse vers le rechargeable a aussi un effet secondaire invisible : elle génère un flux important de matériel inutilisé.
Les vapoteurs changent de modèle. Ils montent en gamme. Ils testent de nouvelles configurations. Ils arrêtent de vapoter et laissent leur matériel dans un tiroir. En l'absence de statistique officielle, on peut estimer prudemment qu'entre 1 et 2,7 millions d'appareils rechargeables deviennent inutilisés chaque année en France, avec une hypothèse de renouvellement tous les 18 à 36 mois.
Le matériel de vape qui dort dans les tiroirs, le vrai gaspillage invisible
Le problème des puffs était visible et documenté. Celui du matériel rechargeable abandonné est plus discret, mais tout aussi réel. Une box de 80 watts laissée dans un tiroir parce que son propriétaire a changé de pratique, un pod acheté pour tester un format et finalement délaissé, un atomiseur haut de gamme remplacé par un modèle plus récent : ces appareils fonctionnent encore, mais personne ne s'en sert.
Contrairement aux puffs, ces objets ont une valeur résiduelle. Ils contiennent des composants de qualité, des batteries encore capables de plusieurs centaines de cycles de charge, des réservoirs et des résistances compatibles avec des accessoires courants. Les jeter serait un gaspillage économique autant qu'environnemental. Les revendre, en revanche, leur donne une seconde vie utile.
C'est précisément sur ce constat qu'est né le marché de la vape d'occasion en France. Un marché longtemps resté informel, entre groupes Facebook et forums spécialisés, et qui commence à se structurer autour de plateformes dédiées.
Kelklope, la plateforme qui s'attaque à ce gaspillage
Kelklope : comparateur de cigarette électronique et e-liquide, la plateforme se positionne également comme marketplace d'occasion entre particuliers. Cette double fonction est au cœur de sa proposition : d'un côté, aider les vapoteurs à trouver les meilleures offres sur le marché du neuf ; de l'autre, leur permettre d'acheter ou de revendre du matériel d'occasion dans un cadre structuré. C'est cette combinaison qui distingue Kelklope d'un simple annuaire d'annonces.
La marketplace d'occasion affichait plus de 600 annonces actives lors de notre consultation, couvrant l'ensemble du territoire français, avec des mises en ligne récentes et une navigation organisée par catégories, état du matériel, fourchette de prix et localisation du vendeur. L'offre est cohérente avec les usages réels des vapoteurs : on y trouve des boxs, des pods, des clearomiseurs, des atomiseurs reconstructibles, des mods mécaniques et de nombreux accessoires.
Le site met également en avant un simulateur de prix, outil conçu pour aider les vendeurs à estimer la valeur de leur matériel avant de publier une annonce. L'outil prend en compte le prix neuf de référence, l'âge de l'appareil, son état, l'intensité d'utilisation, la raison de la vente et les accessoires fournis. C'est un avantage concret pour des vendeurs qui ne savent pas toujours à quel prix positionner leur matériel d'occasion.
Comment fonctionne concrètement la marketplace Kelklope
Kelklope propose l'une des rares plateformes françaises de petites annonces de cigarette électronique à avoir structuré un vrai parcours transactionnel. Là où les échanges informels sur les réseaux sociaux laissent acheteurs et vendeurs sans filet, la plateforme a conçu un circuit sécurisé de bout en bout.
Du côté du vendeur, l'annonce est soumise à une validation avant publication, avec un délai annoncé de 24 à 48 heures. Cette étape de modération vise à filtrer les annonces non conformes ou incomplètes. Une fois l'annonce publiée, les acheteurs potentiels peuvent contacter le vendeur directement via la plateforme.
Le paiement passe par un système interne appelé Kelkoins, avec une parité simple : 1 Kelkoin équivaut à 1 euro. Les acheteurs alimentent leur compte en Kelkoins par carte bancaire ou PayPal, puis règlent leur achat via ce système. Le vendeur reçoit les Kelkoins correspondant à la vente et peut les convertir en argent réel via PayPal. Les fonds ne sont libérés qu'après confirmation de la réception par l'acheteur, ce qui offre une protection élémentaire dans les deux sens.
Ce modèle se distingue des échanges informels sur les réseaux sociaux, où l'absence de tiers de confiance expose les deux parties à des risques de litige sans recours clair. Kelklope positionne explicitement ce système de séquestre partiel comme l'un de ses arguments différenciants.
Quel matériel vendre ou acheter sur Kelklope
La marketplace de Kelklope couvre l'essentiel du matériel rechargeable utilisé par les vapoteurs français. Les catégories les plus représentées correspondent aux formats les plus courants sur le marché : pods compacts pour une vape nomade, box réglables pour les utilisateurs expérimentés, atomiseurs reconstructibles pour les passionnés de DIY, clearomiseurs et réservoirs, chargeurs et batteries externes, coils et résistances compatibles.
Parmi les marques les plus fréquemment proposées en occasion, on retrouve des références reconnues pour leur fiabilité et leur longévité : Voopoo avec les modèles Drag S et Drag X, GeekVape avec les gammes Aegis Solo et Aegis Legend, Vaporesso avec le Luxe XR Max, Aspire avec le Nautilus et le Zelos, Innokin avec l'Endura et le Kroma. Ces appareils bénéficient d'une large communauté, d'un suivi d'accessoires disponibles sur le marché et d'un retour d'expérience solide en termes de durabilité.
Pour estimer la valeur de son matériel avant de publier, le simulateur de prix de Kelklope constitue un point de départ utile. Il ne remplace pas une comparaison avec les annonces similaires déjà publiées, mais il donne un cadre objectif pour positionner son prix sans sous-estimer ou surestimer l'appareil.
Ce que ça change vraiment pour le vapoteur
L'intérêt du marché de l'occasion en vape se joue sur trois dimensions concrètes.
Sur le plan économique, acheter de l'occasion permet d'accéder à un matériel de qualité supérieure pour un budget inférieur au neuf. Un pod haut de gamme à 80 euros neuf peut se trouver en très bon état à 35 ou 40 euros. Pour un vapoteur qui souhaite tester un format ou monter en gamme sans engager un budget important, c'est une alternative sérieuse.
Sur le plan écologique, chaque appareil vendu en occasion plutôt que jeté ou laissé inutilisé prolonge sa durée de vie utile. Il n'est pas nécessaire de produire un nouvel appareil pour satisfaire un acheteur, avec tout ce que cela implique en termes de matières premières, de transport et d'empreinte industrielle. Dans un secteur qui a longtemps été associé au gaspillage, c'est un changement de logique réel.
Sur le plan pratique enfin, l'occasion permet de tester un modèle avant de s'engager sur le neuf. Un vapoteur qui hésite entre deux formats peut acquérir l'un d'eux en occasion, l'utiliser plusieurs semaines, puis décider en connaissance de cause. C'est une façon de réduire les achats impulsifs et les appareils rapidement abandonnés, ce qui boucle la boucle avec l'objectif de réduction du gaspillage.
Après des années dominées par le tout-jetable, la vape d'occasion incarne une transition vers un usage plus réfléchi du matériel de vapotage. Kelklope s'est positionné sur ce créneau au bon moment : au croisement de l'interdiction des puffs, de la montée en puissance du rechargeable et d'une demande croissante pour des alternatives économiques et responsables.
