Mercredi 21 Novembre 2018

Critique Star Trek Sans Limites

La saga Star Trek s’est relancée plutôt bien sur grand écran avec un premier film éponyme en 2009 plutôt réussi. Sa suite, Star Trek: Into Darkness est bien vite rentré dans les mémoires comme un filmSF de l’année grâce à un scénario plutôt bien ficelé, un casting investi, et une photographie réussie. Les 50 ans de la licence arrivant à grands pas, est-ce que Star Trek Sans Limites arrive à marcher dans les pas de ses prédécesseurs, voire faire mieux ? A vous de le découvrir plus bas !
« Une aventure toujours plus épique de l’USS Enterprise et de son audacieux équipage. L’équipe explore les confins inexplorés de l’espace, faisant face chacun, comme la Fédération toute entière, à une nouvelle menace. »

Star Trek Sans Limites : un casting pas très convaincu

On retrouve donc James T. Kirk et son crew en pleine période d’exploration spatiale. 3 années se sont passées depuis la dernière escale et l’équipage commence à fatiguer. Le retour salvateur à Yorktown (une base gigantesque en forme de bulle, qui sert de zone diplomatique) permet aux différents membres d’équipage de se remettre en questions.. Kirk voudrait devenir vice-amiral, et donc rester dans les bureaux, Spock apprend une mauvaise nouvelle et souhaiterait se concentrer sur la Nouvelles Vulcain et ses compatriotes…

Mongtomerry et Keenser apportent des touches d’humour rafraîchissantes, mais déjà vues

La première quinzaine de minutes est très plaisante. N’oubliant pas que les 50 ans de Star Trek arrivent bientôt, le réalisateur nous plonge dans un univers très différent de celui amorcé par JJ Abrams. Sans Limites se veut plus intime, plus personnel, et surtout mélancolique. Pas de fusillade pour ouvrir le bal, mais plutôt une mission diplomatique pas forcément ultra intéressante. Chaque personnage se remet en question, et doute du bon accomplissement de leur mission. C’est plus mature, sombre, et nuancé. Chris Pine, qui peut être énervant en va-t-en guerre, s’ouvre justement à ses craintes,  et permet d’assouplir un peu son personnage.

Bones et Spock renouent leur liens d’amitié dans Star Trek Sans Limites

Le casting semble malheureusement à l’aise. Trop à l’aise justement, et manque cruellement de volonté à ajouter quelque chose à leurs personnages. L’équipe est rodée, fonctionne bien mais n’essaie pas d’aller plus loin. C’est dommage car on est loin d’avoir de mauvais acteurs, Zachary Quinto, Zoe Saldana, Chris Pike et Simon Pegg nous ont prouvé qu’ils savaient faire mieux. La petite nouvelle du film, Sofia Boutella (qu’on découvre dans Kingsman avec des prothèses-rasoir) incarne Jaylah, unejolie Alien malheureusement sans saveur. Le méchant Krall est, à mon sens, un personnage sous-exploité au point de nuire à la narration du film. Qui est-il ? Quelles sont ses convictions ? Impossible de le savoir avant de découvrir sa vraie identité.

Des effets spéciaux proprement sublimes

Si le scénario n’est pas très abouti, c’est tout le contraire pour les effets spéciaux. Que ça soit modélisation de vaisseaux, explosions, tirs, particules, on en prend les yeux. Et c’est ça qui va justement sauver le film, à défaut de le remonter. On a d’ailleurs le droit à une superbe scène mêlant explosions en tout genre et Beastie Boys. C’en est presque absurde à quel point ça sort de nulle part et que c’est drôle.
L’attaque de l’Enterprise par les forces de Krall est très impressionnante visuellement, c’est ce genre de choses qui permettra de passer un bon moment malgré ses défauts.

Un manque d’enjeux qui plombe le film

Si les effets spéciaux permettent de passer un moment sympa, le scénario, qui tient sur un post-it, détruit très rapidement les attentes. On ne découvre que dans les 10 dernières minutes qui est vraiment le grand méchant (qui est d’ailleurs incarné par un acteur à la carrure internationale), et surtout le pourquoi du comment. Les héros passent les deux tiers du film à courir après un objet dont on découvre son utilité en fin de film, un peu comme quand on doit finir une rédaction en 10 minutes et qu’on bâcle tout. Vouloir plaire aux Trekkies exigeants, et aux non-initiés coûte beaucoup à ce film qui n’arrive à jouer sur aucun des deux tableaux de manière sérieuse.

Bande Annonce Star Trek Sans Limites

Conclusion

Star Trek Sans Limites est un film très bancal. Porté par des effets spéciaux fabuleux et un humour qui se place bien mais décevant par son scénario et le manque de soin apporté à ses personnages, il permet de passer un bon moment, si on ne place pas d’espoirs particuliers dedans.
Certaines scènes sont tout de même très chargées en émotion, et on sent la mélancolie des anciens films/épisodes de loin, comme un adieu à une ère révolue. On regrette la facilité avec laquelle certaines sections sont traitées, mais le film apportera son lot de bonnes surprises.

Petit pincement au cœur à chaque apparition d’Anton Yelchin, que nous ne reverrons plus :(


Sortie prévue le 17 août 2016.

Thomas
Thomas

Journaliste freelance, fan d'aviron et de voyages.

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