Près de 1 000 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés lors d'affrontements survenus samedi 17 octobre dans plusieurs villes de France. Débordées par l'ampleur des attaques et la multiplication des groupes, les forces de l'ordre ont parfois reculé, ce qui pose la question du dimensionnement du dispositif.
À Paris, des forces de l'ordre ont été vues en train de reculer. À Lyon (Rhône), des véhicules ont été caillassés. À Marseille (Bouches-du-Rhône), 8 000 émeutiers ont semé le trouble. Dans plusieurs villes, policiers et gendarmes ont été submergés, et les syndicats dénoncent une situation difficile. « On a été en sous-nombre toute la journée. Oui, je le dis. Et on a vécu de l'enfer. Il y a 60 policiers blessés, ils m'ont tous appelé ce matin », a déclaré Rudy Manna, délégué national de l'UNSA police.
Les élus de la mairie de Paris font le même constat. « Nous voyons méthodiquement, et on les voyait à la caméra, des gens s'attaquer à des commerces les uns après les autres. Donc ils ont fait des rues entières en pillant, en saccageant et en nous disant : mais où sont les forces de l'ordre ? », s'interroge Lamia El Aaraje, adjointe au maire de Paris, sur franceinfo.
Des commerces sans protection et des munitions en quantité limitée
Dans certains cas, les forces de l'ordre étaient absentes au moment où les commerçants étaient attaqués. Un propriétaire de magasin à Lyon s'est retrouvé impuissant. À Paris, un magasin de luxe a été pillé, alors que le personnel s'était retranché à l'étage, sans policiers à proximité. Les forces de l'ordre ont également manqué de munitions. À l'intérieur de la mairie de Limoges (Haute-Vienne), les policiers ont riposté comme ils pouvaient. « On est obligé de leur rendre leurs propres pavés, parce qu'on a plus assez de cartouches et on a plus de gaz », commentait un agent. Dans l'urgence, faute de voiture disponible dans le secteur, un policier a transporté un homme interpellé sur sa moto.
« L'approvisionnement en munitions, le nombre d'effectifs pour faire face à une journée aussi violente n'est pas à la hauteur de l'événement », résume Hubert Gimenez, délégué syndical d'UN1TÉ.
Une note de la police et la position du ministère
France Télévisions a eu accès à une note confidentielle de la police. Dès jeudi, ce document évoquait un risque de violence urbaine élevée, en mentionnant des militants de l'ultragauche et des regroupements de jeunes des quartiers. Il n'anticipait toutefois pas les milliers d'individus qui ont déferlé sur les villes.
Au total, 2 000 interpellations ont eu lieu sur l'ensemble du territoire. Le ministre de l'Intérieur affirme pourtant que le dispositif des forces de l'ordre n'était pas sous-dimensionné, samedi.
