En Israël, la gauche se range derrière Yaïr Golan pour les élections législatives

En Israël, la gauche se range derrière Yaïr Golan pour les élections législatives

À trois jours des élections législatives israéliennes du 27 octobre, Yaïr Golan, tête de liste du parti de gauche Les Démocrates, a clôturé samedi 24 octobre à Tel-Aviv sa campagne par un meeting dont la foule a salué l'arrivée sur scène. Crédité d'environ huit à 10 sièges selon les derniers sondages, l'ancien numéro deux de l'armée israélienne espère transformer sa popularité croissante en voix.

Le speaker n'a pas le temps de terminer son annonce. Sur la place Yitzhak-Rabin, la foule scande "Yaïrrrrr Golaaaan !". Le candidat monte jusqu'à la scène, le poing levé, avant de déclarer au micro : "Nous allons changer Israël". Les applaudissements couvrent bientôt ses paroles. Au dixième rang, David Berson filme la scène avec son téléphone. Cet Israélien de 69 ans, installé à Vancouver, au Canada, affirme que "c'est juste historique ce qu'on vit". Il a effectué vingt heures de vol pour participer au scrutin, le vote des expatriés à distance n'étant pas permis, y compris dans les ambassades.

Des bus affrétés de tout le pays attendent à proximité, notamment de Binyamina, village du nord-ouest situé à une heure de route de Tel-Aviv. Aux balcons de la rue Shlomo Ibn Gabirol, des habitants crient son nom ou brandissent sa photo.

Une gauche en quête d'élan

Dans un paysage politique où la gauche peine à exister face à une droite de plus en plus radicale, Yaïr Golan s'impose progressivement. Son score pourrait, selon les observateurs cités, s'avérer déterminant dans une éventuelle alliance avec les candidats centristes Gadi Eisenkot ou Naftali Bennett, afin de renverser Benyamin Nétanyahou et la coalition au pouvoir, qualifiée de "la plus à droite de l'histoire du pays".

Aron, 18 ans, votera pour la première fois mardi. Ce jeune ingénieur en informatique dit avoir découvert le candidat au moment du 7-Octobre : "Son histoire m'a plu. Le gars ne s'est pas défilé pour aller aider notre pays." Au matin de l'attaque, le haut gradé, à la retraite mais toujours réserviste, avait repris son uniforme, pris une arme et s'était dirigé seul vers le festival Tribe of Nova, alors attaqué par les terroristes du Hamas. Selon un sondage de l'Israel Democracy Institute réalisé en septembre, 68 % des juifs israéliens considéraient les événements du 7-Octobre comme un élément central de leur choix électoral.

Mikhaïl, partisan du candidat, voit en lui "un espoir fou". "Il ne faut pas avoir peur d'être de gauche en Israël, montrons-nous", dit-il. Sur son tee-shirt, un pin's en forme de ruban jaune rappelle le soutien aux otages détenus à Gaza. Il affirme le porter "tant qu'il n'y aura pas de commission d'enquête indépendante sur le 7 octobre 2023", une demande que, selon lui, Benyamin Nétanyahou refuse et que Yaïr Golan réclame.

Des électeurs marqués par la guerre

Eveline, qui distribue des tracts, retient que Yaïr Golan a promis "d'arrêter de faire la guerre à tout le monde". Le 22 juin 2025, un missile iranien a détruit sa maison et celles de ses voisins, à Ramat Aviv, quartier du nord-est de Tel-Aviv. "A cause de Bibi, ma vie est en suspens", confie cette sexagénaire. Elle vit désormais avec son mari dans un appartement, en attendant qu'une solution soit trouvée.

Elizel Balyosef, 82 ans, consultant à la retraite, apprécie chez le candidat qu'"il ne ment pas". Sa femme Hedva, âgée de 75 ans, ajoute qu'il affirme ouvertement qu'"il faut vivre avec les Palestiniens", ce qu'elle dit vouloir : "Notre histoire avec eux doit être commune, pas séparée."

Vers 20 heures, les premières notes de la Hatikvah, l'hymne israélien, retentissent sur la place. Sivan, avocate en poste à Tel-Aviv, explique à ses deux enfants, âgés de 9 et 11 ans, ce qui se joue. "Après les trois années absolument horribles qu'on vient tous de vivre, ils sont l'avenir", dit-elle. Son fils cadet lui a récemment confié un rêve : "Maman, je voudrais ne plus avoir besoin de descendre dans les abris pour nous protéger de la mort."

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