Lundi 19 Aout 2019

Johnny Clegg "le zoulou blanc" est mort à l'âge de 66 ans

Surnommé "le zoulou blanc", Johnny Clegg s’est éteint paisiblement entouré de sa famille, le 16 juillet 2019 à l’âge de 66 ans, des suites d’un cancer.

Johnny Clegg ˝le zoulou blanc˝ est mort à l'âge de 66 ans

L'enfance

Issu d’une famille de paysans, juifs lituaniens et polonais émigrés en Rhodésie du sud, il naît au Royaume-Uni, mais, au bout de 6 mois, ses parents divorcent et il retourne en Afrique avec sa mère . Elle se remariera avec un journaliste sud-africain qui aura une grande influence sur le jeune Jonathan en lui faisant partager sa fascination pour l’Afrique. Il ne connaîtra son père biologique qu’à 21 ans.

Formation et lutte contre l'apartheid

Adolescent fugueur, il découvre la guitare, s’initie ensuite à la musique zoulou et à la danse des bâtons zoulou (Ihhlangwini), à une époque de ségrégation raciale virulente. Plus tard, leader de deux groupes qu’il forme avec des musiciens noirs, Juluka (1979 à 1985) et Savuka (1986-1992), ses compositions s’inspireront de cette musique qu’il mêle à de la pop occidentale. Ses textes dénoncent l’apartheid, défendent la tolérance en même temps que la culture africaine.

Artiste international

Artiste sympathique, très populaire en France et dans le monde, il a vendu en 40 ans de carrière plus de 5 millions d’albums .

On se souvient notamment de deux chansons des années 80, Scatterlings of Africa, dont il est auteur, compositeur et interprète. Un immense succès international mis en images dans un superbe clip qui a conservé toute son énergie communicative, rythmée par une danse zoulou qu’il pratique avec force et ferveur

Le clip

et Asimbonanga, qui signifie en langue zoulou "Nous ne l'avons pas vu", dédiée à Nelson Mandela, alors en prison depuis 23 ans. Interdite par le gouvernement raciste en place, elle deviendra un symbole de la lutte contre l’apartheid.
En 1999, alors qu’il interprétait ce morceau sur une scène de Francfort, Nelson Mandela lui fit une visite surprise.

Icône de l'antiracisme

A l’annonce de sa maladie en 2015, Johnny Clegg s’était lancé dans une tournée d’adieux, le "Final Journey World Tour" qui s'est achevé en 2018.

Le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa lui a rendu hommage en le qualifiant d'" icône de la cohésion sociale et de l’antiracisme" dont la musique est un "mélange émouvant de célébration des cultures et de résistance politique".

Photo©Johnny Clegg-Valenciennes 2009-Davidata

Agnès Krief
Agnès Krief

Passionnée de cinéma, curieuse de tout.

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