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Violences du 17 octobre : l'IGPN ouvre des enquêtes après une adolescente éborgnée et un mineur à la main arrachée

Violences du 17 octobre : l'IGPN ouvre des enquêtes après une adolescente éborgnée et un mineur à la main arrachée

Six enquêtes ont été ouvertes et confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", pour des violences commises sur des manifestants les samedi 17 et dimanche 18 octobre, en marge de la mobilisation contre la vie chère. Franceinfo a appris ces saisines mardi 20 octobre de source proche du dossier. Elles concernent notamment Mulhouse, Strasbourg, Saint-Etienne et Paris. Ces investigations devront déterminer les circonstances exactes de l'usage des armes par les forces de l'ordre.

  • L'IGPN a ouvert six enquêtes pour des violences policières durant les manifestations.
  • Deux adolescents de 17 ans ont été gravement blessés, dont l'un a perdu un œil et l'autre a eu la main arrachée.
  • Un manifestant à Paris a été blessé au crâne, et un autre à Strasbourg à l'œil, trois blessures attribuées aux forces de l'ordre.
  • Les investigations visent à déterminer la nature des armes utilisées par la police lors de ces incidents.

Selon les déclarations du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, devant le Sénat mardi 13 octobre, 36 enquêtes ont par ailleurs été ouvertes par l'IGPN depuis le début du mouvement lycéen.

Deux adolescents de 17 ans grièvement blessés

À Mulhouse (Haut-Rhin), une adolescente de 17 ans a définitivement perdu l'usage de son œil gauche lors de la manifestation de samedi, malgré une intervention chirurgicale réalisée en urgence, selon le procureur de la République, Nicolas Heitz. Un rassemblement de 1 000 personnes se tenait près de la gare lorsqu'un sous-groupe d'environ 400 protestataires a tenté d'envahir le bâtiment, toujours selon le procureur, qui indique que les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour "protéger les voyageurs".

Des témoins interrogés par Politis assurent que la jeune femme a reçu une grenade lacrymogène lancée par les forces de l'ordre, ce que le procureur n'a pas confirmé. Selon le récit d'une amie de la victime, publié par le même média, celle-ci ne faisait pas partie des manifestants et venait de sortir d'un kebab, vers 16 h 30, à proximité de la gare. Le parquet a ouvert une enquête de "flagrance pour violences aggravées" et saisi la délégation de l'IGPN à Metz, dimanche, afin de "déterminer le déroulé précis des faits ayant conduit à cette blessure grave". Le procureur a souligné que les investigations s'annonçaient complexes.

À Saint-Etienne (Loire), un autre adolescent de 17 ans a été grièvement blessé samedi, devant un centre commercial du centre-ville, vers 15 heures. Selon son avocat, Yassine Bouzrou, il a eu la main droite arrachée par l'explosion d'une grenade, au cours d'un face-à-face d'une heure entre manifestants et forces de l'ordre. Des membres du personnel médical de la manifestation, qui l'ont pris en charge, ont rapporté à l'AFP que le jeune homme avait expliqué avoir ramassé le projectile avant qu'il n'explose.

L'enquête confiée à l'IGPN et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) doit identifier le modèle de la grenade utilisée et la conformité du lancer. "On nous dit que ce serait une grenade de la gendarmerie. Moi, je ne peux pas le confirmer", a déclaré Laurent Nuñez peu après les faits. L'avocat du mineur a annoncé lundi le dépôt d'une plainte contre l'auteur du tir, ainsi que contre le ministre de l'Intérieur, pour "complicité de violences aggravées, par instructions". Selon lui, le jeune homme "demeure hospitalisé".

Un manifestant blessé au crâne à Paris, une blessure à l'œil à Strasbourg

À Paris, le parquet a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête et la saisine de l'IGPN après la plainte d'un manifestant blessé au crâne lors de la mobilisation de samedi. Des vidéos prises près de la gare du Nord et diffusées sur les réseaux sociaux montrent un homme "blessé au niveau du crâne". Pris en charge à l'hôpital Cochin, il s'est rendu au commissariat du 14e arrondissement en fin d'après-midi samedi pour déposer plainte. Il indiquait que c'était bien lui sur les vidéos et imputait aux forces de l'ordre des "violences illégitimes", a assuré le parquet. L'enquête est ouverte pour "violence par personne dépositaire de l'autorité publique".

À Strasbourg (Bas-Rhin), un homme de 27 ans a été grièvement blessé à l'œil samedi, place de la Grande-Boucherie, au niveau du Pont du Corbeau. Le parquet a ouvert une enquête et saisi l'IGPN lundi. Selon des témoins interrogés par Les Dernières Nouvelles d'Alsace, l'impact résulte d'un tir de riposte effectué par des CRS, dirigé vers des manifestants qui se protégeaient des jets de gaz lacrymogène et aidaient les commerçants à ranger leurs tables et leurs chaises. Un témoin interrogé par France 3 Grand Est assure que l'homme était un passant, une affirmation qui n'a pas été confirmée par les autorités. La victime a été prise en charge par les pompiers et transportée à l'hôpital. La procureure, Agnès Robine, a précisé aux DNA que l'enquête a été ouverte pour "violence aggravée par personne dépositaire de l'autorité publique".

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