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Violences du samedi 17 octobre : qui sont ceux qui ont pillé les magasins ?

Violences du samedi 17 octobre : qui sont ceux qui ont pillé les magasins ?

Depuis samedi 17 octobre, 2 331 personnes ont été placées en garde à vue après des violences et des pillages. Les premières comparutions immédiates se sont tenues lundi après-midi, permettant de découvrir le profil des personnes poursuivies et les faits qui leur sont reprochés.

  • Plus de 2 300 personnes ont été placées en garde à vue depuis le 17 octobre.
  • La majorité des suspects sont majeurs, soit 69 %.
  • Les profils varient : jeunes recrues, récidivistes et individus armés ou violents.
  • Le parquet privilégie la détention, mais cette sévérité est critiquée par certains avocats.

À travers toute la France, ces premières audiences commencent à dessiner le profil des suspects. Contrairement au mouvement lycéen, la plupart sont majeurs : 69 %.

Des profils contrastés

À Nice, un homme de 18 ans est accusé d'un vol de baskets et a reconnu les faits. Son casier judiciaire comporte déjà trois condamnations. Un autre homme, âgé de 28 ans, a lui aussi reconnu le vol de vêtements qui lui est reproché ; il avait déjà été condamné pour vol et pour violences conjugales.

Leur procès a été renvoyé, et ils ont été placés en détention dans l'attente.

À Paris, les audiences révèlent un autre profil de prévenu. Un intérimaire de 20 ans, inconnu des services de police, a été interpellé avec un poing américain et un couteau. Dans son téléphone, un SMS dans lequel il écrit : « Nous, ce qu'on a prévu, c'est de taper du CRS, très clairement. » À l'audience, il se défend : « Je voulais jouer le dur. »

Une sévérité contestée

Le parquet assume cette fermeté. « Il y a eu dans la très large majorité des dossiers des demandes de placement en détention provisoire compte tenu de la gravité des faits qui sont reprochés. On s'est attaché, néanmoins, à s'inscrire dans le principe de personnalisation des peines », assure Damien Martinelli, procureur de la République de Nice.

Ces détentions sont critiquées par Me Hind Maghnaoui, avocate de quatre prévenus : « Aujourd'hui, on a une réponse pénale qui est sévère. On n'a pas encore les délibérés, mais on peut imaginer, vu le contexte, des détentions qui peuvent être rendues et prises contre nos clients, avec des maisons de détention qui sont déjà pleines à craquer et des personnes qui présentent un profil éloigné de la détention. »

Les premières condamnations commencent également à tomber. Un jeune homme de 21 ans, interpellé samedi, avait dans son sac à dos de l'alcool à brûler, des bouteilles en verre, des chiffons et des briquets. Accusé d'avoir voulu fabriquer des cocktails Molotov, il a été condamné à deux mois de prison ferme et six avec sursis.

Face à l'afflux exceptionnel de gardes à vue, les audiences de comparution immédiate vont se poursuivre dans les jours à venir.

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