Vendredi 16 Novembre 2018

Critique Captain America Civil War

Captain America: Civil War, annoncé en 2014, faisait rêver les geeks que nous sommes. Civil War retrace un des arcs les plus importants (à mon sens) de tout l’univers Marvel. L’équipe des Vengeurs fait face à une crise majeure: rejoindre le Registre des Super Héros, et dévoiler son identité, ou rester dans l’ombre et être classé comme criminel. Comprenant de très nombreux super héros/vilains, il aurait été compliqué à Marvel de pouvoir suivre la trame originale, c’est pourquoi ils ont préférés se concentrer sur les héros apparus lors des films actuels, à savoir Captain America, Iron Man, Black Widow, Hawkeye, la Vision, Scarlet Witch, Ant Man, le Faucon, WarMachine.

L’autre défi consistait à enfin intégrer Spiderman, dont la licence appartient à Sony, ainsi que Black Panther. Est-ce que le défi est réussi ? A vous de le découvrir dans notre critique !

Pour le pitch ça donne ça: Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l’humanité. A la suite d’une de leurs interventions qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision.

Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s’engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d’autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement…

Captain America: Civil War, un défi superbement exécuté

On retrouve une équipe des Vengeurs, composé de Captain America, le Faucon, Scarlet Witch et Black Widow en pleine traque du vilain Crossbones, qui a survécu à la chute d’un immeuble sur sa tronche à la toute fin de Winter Soldier. Il semblerait que les super héros soient sur la bonne voie, et tombent finalement sur l’équipe menée par le mercenaire au crâne.

Un duel entre Captain et lui s’engage, et alors que Steve semble prendre le dessus, Crossbones s’accroche à lui et dévoile une ceinture d’explosifs ! Scarlet Witch a juste le temps d’emprisonner l’explosion dans une bulle télékinétique (qui du coup concentre l’explosion sur le méchant), puis de l’élever dans les airs pour protéger son leader.  Petit soucis, l’explosion ravage un immeuble, et tue de nombreux civils.
C’est le point de départ de Captain America: Civil War. Pas de zone pavillonnaire ravagée par une explosion nucléaire, mais plutôt un immeuble, qui ajoute encore aux victimes de la Sokovie, de Washington DC et de New York. Tous ces morts font réagir les Nations Unies, qui proposent un deal aux Vengeurs, les fameux Accords de Sokovie. Les Vengeurs deviennent une force de réaction aux ordres d’un comité, qui jugera bon de leur déploiement sur la zone. Ou pas.

De par son statut de militaire actif, Rhodey/Warmachine emboîte le pas le premier, mais les débats se lancent. « Et si on nous envoyait quelque part où on ne veut pas aller » « Nous ne pouvons pas rester sans supervision, la confiance qu’a le gouvernement s’étiole rapidement »… Les deux camps commencent à prendre forme, et au fur-et-à-mesure que les deux leaders s’éloignent, le besoin de nouvelles recrues se fait sentir. Tony Stark se tourne vers… Spiderman tandis qu’Ant Man rejoint l’équipe de Cap (avec sa désinvolture déjà légendaire).

Les deux petits « nouveaux » de l’équipe Marvel apportent leur vent de fraîcheur à deux équipes qui commençaient à stagner après deux films. Spiderman est encore au lycée, et hésite entre rejoindre une mission ou faire ses devoirs, tandis que Scott Lang fait une entrée fracassante dans l’équipe clandestine pro-Captain. Leurs pouvoirs particuliers feront-ils pencher la balance ?
Reste le petit dernier, Black Panther. Protecteur du Wakanda, T’Challa endosse le costume pour traquer l’assassin de son père (qui n’est pas celui qu’on pense). Jeune et un peu sanguin, il se laisse emporter, mais prouvera sa valeur par la suite.

Un Avengers 2.5

Il est vrai qu’après l’excellent Captain America: The Winter Soldier, on s’était habitués à avoir des intrigues centrées sur le personnage en titre. Ce coup-ci donc,  Steve Rodgers.  Ce n’est pas vraiment le cas, car l’intrigue tourne autour d’événements et de personnages qu’on a découvert dans ses films, mais surtout un fantôme de son passé: Bucky. Son vieil ami est le point de fuite autour duquel toute l’action gravite : les intrigues s’entrecroisent, et mènent à un final qu’on n’attend pas forcément. C’est peut-être d’ailleurs un des seuls points noirs du film, la scène de fin est épique à souhaits, mais semble se terminer sur une conclusion bâclée. Comme si il leur avait manqué 45 minutes de film.

Nous n’avons pas, comme prévu, une cinquantaine de héros qui se foutent sur la gueule, mais c’est loin d’être un problème. Les Frères Russo ont eu la sagesse de donner à chaque héros des enjeux, ce qui renforce l’histoire, et crée une cohérence d’ensemble. Les intrigues subjacentes annoncent des événements à venir (le rapprochement de la Vision et de Scarlet Witch, la volonté de Vision de comprendre qu’est-ce que cette pierre enchâssée sur son front, le conflit Cap/Iron Man…), et laissent suffisamment de portes ouvertes pour les prochains films à venir.

Une interprétation au top

On retrouve avec plaisir un Robert Downey Jr. au top de sa forme, qui retrouve assez de matière pour s’exprimer à travers Tony Stark. Le mordant du millionnaire playboy philantropiste est bien de retour, avec un jeu tout en nuances, parfois grave et sévère, parfois cabotin (et pas forcément dans les moments les plus opportuns).

Chris Evans explore lui un registre diamétralement opposé de celui qu’il jouait dans Captain America: First Avenger. Lointaine est l’époque où Captain America représentait l’Amérique, désormais il est traqué par ce même gouvernement, pour avoir simplement réfléchi comme en 1940, où la notion de liberté n’était apparemment pas la même. Jusqu’où sera t-il prêt à aller pour rester sous les radars, et accomplir ce qui lui semble juste ?

Conclusion: Civil War, la domination Marvel

Il va sans dire que le film n’est pas exempt de défauts. Comme beaucoup. Mais au-delà de ça, Marvel arrive toujours à améliorer la qualité, la cohérence de ses productions en s’entourant de réalisateurs, de producteurs de qualité. Captain America: Civil War monte encore d’un cran tous ces critères, et avec une facilité déconcertante. Marvel a beaucoup joué avec ses trailers, pour finalement dévoiler un montage qui n’a pas grand chose à voir avec ce qu’on ressentait en regardant les bandes-annonces.

Il y avait quelques enjeux concernant ce film, à savoir réussir à introduire Spiderman et Black Panther, sans trop s’éloigner du scénario original. Chose ardue quand on voit le faible nombre de héros impliqués dans l’histoire, et surtout deux grands absents, à savoir Hulk et Thor.

Des egos sont froissés, des coups échangés, mais surtout, une ligne vient d’être franchie. Comme le dit la Vision « Depuis l’apparition d’Iron Man les pics d’événements violents à grande échelle ont augmentés. Les incidents liés aux personnes douées de pouvoir est aussi en hausse. Ne devrions-nous pas en tirer des leçons ? ». Les super héros se sont liés, involontairement, à une réalité dure à avaler: ils seront toujours challengés par des personnes. Le cercle vicieux s’est refermé et ils en subissent les conséquences.

Captain America: Civil War est certainement le film Marvel le plus abouti à ce jour. Mêlant humour et noirceur (les frères qui se déchirent sont souvent les plus violents combats), la trame se déroule sans accrocs majeurs, il fait encore gravir Marvel une marche au-dessus de DC, et asseoit son savoir-faire tant en choix de line up que de qualité d’écriture. Que vous soyez #TeamCaptainAmerica (et je ne vous en voudrais pas), ou #teamIronMan (la seule, la vraie), filez donc dans les salles obscures le 27 avril 2016, car c’est l’heure de #CivilWar !

Thomas
Thomas

Journaliste freelance, fan d'aviron et de voyages.

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