Mercredi 21 Novembre 2018

Critique Men & Chicken

Le 25 mai prochain sortira sur nos écrans Men Chicken, ou l’histoire d’un quête généalogique de 2 frères sur fond de famille burlesque et malsaine…

On retrouve à la réalisation le Danois Anders Thomas Jensen. Après 10 ans sans avoir été derrière une caméra (mais en ayant été scénariste sur un paquet de films entre-temps) et avoir tourné 3 films (Adam’sApple en 2005, Les Bouchers Verts en 2003 et Lumières Dansantes en 2000), le réalisateur revient avec un film qui à première vue semble être une comédie basique, accessible et plaisante, mais qui cache en réalité un film burlesque, noir, malsain pour finir sur un quasi-décente aux enfers.

Synopsis Men & Chicken

Mais avant de vous dire plus, jetons un œil au synopsis :

À la mort de leur père, Elias et Gabriel découvrent qu’ils ont été adoptés et que leur père biologique, Evelio Thanatos, est un généticien qui travaille dans le plus grand secret sur une île mystérieuse. Malgré leur relation houleuse, ils décident de partir ensemble à sa rencontre. Arrivés sur cette île éloignée de la civilisation, ils vont découvrir une fratrie étrange et des origines inquiétantes. Il devient évident que, décidément, on ne choisit pas sa famille.

L’histoire s’ouvre sur un rapide prologue des deux personnages principaux Elias et Gabriel respectivement incarnés par Mads Mikkelsen et David Dencik. Si le premier nom ne vous est pas inconnu, notamment, car l’acteur incarne le célèbre psychopathe Hannibal Lecter dans la série Hannibal, ce dernier a aussi joué dans(entre autres) Michael Kohlhaas, La Chasse, Royal Affair ou encore CasinoRoyale. Mikkelsen est dans Men Chicken quasiment méconnaissable, les yeux exorbités, les yeux en bataille, la moustache touffue et grisonnante et une fente labio-palatine (ou bec de lièvre si vous préférez…), l’acteur s’est métamorphosé pour son personnage socialement à la ramasse, antipathique et au toc très gênant de vouloir se masturber partout et tout le temps…

En face de lui, et dans le rôle de son frère, David Dencik que vous avez pu voir dans La Taupe (2011), Call Girl (2012) ou encore Regression (2015). L’acteur incarne Gabriel, professeurs de science philosophique qui décide de partir à la recherche de son père biologique suite à la mort de son père adoptif. Cette quête à la recherche de la vérité va conduire nos deux héros sur une petite île danoise, un peu perdue avec ses 50 habitants…

Un humour noir parfois dérangeant

Le ton du film est donné très rapidement dès l’arrivée des deux frères dans la maison de leur vrai père, ces derniers se font frapper à coup d’animaux empaillés et de grosses marmites puis jeter dehors par les 3 habitants de cette maison, à savoir leurs 3 demi-frères. L’ambiance va à partir de là rapidement se noircir. Si la cohabitation semble fonctionner entre Elias et ses 3 nouveaux frères (certainement parce qu’Elias se complaît énormément avec ses frères socialement à la ramasse totale, sans éducation et sans aucune manière de vivre), Gabriel quant à lui, n’arrive pas à s’intégrer dans cette nouvelle famille.

Homme de science, mature et responsable, ce dernier ne se retrouve absolument pas dans cette nouvelle fratrie bizarre et n’est venu que pour une raison, découvrir la vérité au sujet de son vrai père. Objectif que sa nouvelle famille va tout faire pour compromettre. Cette situation familiale nous offre des fous rires incroyables et des moments totalement loufoques. Attention, que l’on se comprenne bien, l’humour de Men Chicken n’est pas comparable à celui du Père Noel est une Ordure ou d’un Ali G… Non ici l’humour est noir, parfois dérangeant et souvent malsain.

Une réalisation sans faille

Coté réalisation, cette dernière est plutôt réussie. Bien que 80 % du film se déroule dans une même maison(ce n’est pas un huit clos pour autant, la demeure étant immense), Anders Thomas Jensen nous offre des plans travaillés, parfois avec une symétrie soignée, des ambiances lumineuses, chaleureuses et accueillantes tout comme des moments de plus en plus sombres, crasseux et glauque.

Car Men and Chicken c’est aussi ça, un film qui commence de manière relativement décontractée, sereine et accueillante pour plonger au fur et à mesure dans une ambiance glauque, noire et surtout malsaine… Vous aurez certainement noté que j’ai utilisé le long de cette critique plusieurs fois le mot malsain. Cette part du film se révèle vraiment à sa toute fin (je ne vous spoilerai pas d’avantage) et on en vient à se rendre compte que cela a été établi tout au long du film de manière très subtile, bravo au réal’. Le film, malgré sa morale limite sur la fin reste une belle histoire. Une histoire de famille réunie, de savoir accepter son voisin malgré son apparence physique et sociale et de se dire que même si on ne choisit pas sa famille, cette dernière peut quand même être bénéfique pour chacun des êtres qui la compose.

Bande Annonce Men & Chicken

Thomas
Thomas

Journaliste freelance, fan d'aviron et de voyages.

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