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" Sans doute la semaine la plus répressive de l'histoire de la Ve République " : l'Association des avocats pénalistes dénonce la situation en France

" Sans doute la semaine la plus répressive de l'histoire de la Ve République " : l'Association des avocats pénalistes dénonce la situation en France

Environ 2 700 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des violences en marge de la mobilisation du 17 octobre. Parmi elles, 217 ont été incarcérées, a indiqué jeudi le ministre de la Justice. Vendredi 23 octobre sur France Inter, Romain Boulet, co-président de l'Association des avocats pénalistes (Adap), a dénoncé "sans doute la semaine la plus répressive de l'histoire de la Ve République".

Pour cet avocat, le nombre de personnes interpellées et déférées n'a jamais été aussi élevé en France. "Il n'y a jamais eu en France autant d'interpellés et autant de déférés", note-t-il. Il affirme que certains prévenus comparaissent devant les juridictions "sous la pression du ministère", dans des procédures où ils encourent "jusqu'à vingt ans de prison".

Romain Boulet, avocat au Cabinet B&S, rappelle que le ministre de la Justice "est venu en direct au journal de 20 heures pour demander à ce que la loi criminalité organisée s'applique aux procédures en cours". Il estime que Gérald Darmanin "va trop loin" et soutient que "notre système devrait pouvoir faire face à cette délinquance, sans faire appel à une loi d'exception". Selon lui, le ministre voit "la justice" comme "une machine à distribuer les peines les plus sévères". "Pas des peines les plus justes, mais des peines les plus sévères", précise l'avocat.

Des critiques sur la réponse pénale

Reprenant les mots d'une consœur, le co-président de l'Adap regrette qu'en France, "aujourd'hui, il vaut mieux être une vitrine qu'une femme battue, violée, ou un enfant battu". Il affirme que la procédure répressive mise en place ces derniers jours n'a pas été appliquée de la même manière à des valeurs qui, selon lui, devraient être davantage préservées.

Des mineurs retenus à Bobigny

Romain Boulet dénonce également "les conditions absolument scandaleuses" dans lesquelles plusieurs mineurs, qu'il qualifie de "présumés innocents", sont retenus au dépôt de Bobigny (Seine-Saint-Denis), "en attendant leur comparution". Il estime que "c'est notre faute à tous", mais que "la responsabilité immédiate" revient "aux ministres de la Justice et de l'Intérieur", ainsi qu'aux "politiques qui ne veulent pas se saisir de cette question".

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