Le prix du gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure, mercredi 28 octobre, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis la crise énergétique de 2022, provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine. Cette hausse est dopée par la guerre au Moyen-Orient et par des stocks plus bas qu'en 2025, à l'approche de l'hiver.
Comme pour le pétrole, la hausse du prix du gaz reflète les inquiétudes du marché concernant la possibilité d'une nouvelle campagne de frappes des États-Unis contre l'Iran, qui pourrait avoir lieu après les élections de mi-mandat américaines. Une telle campagne pourrait, en retour, entraîner des représailles iraniennes contre les infrastructures énergétiques de la région.
Un approvisionnement en GNL très limité
Contrairement aux exportations de pétrole brut en provenance du Moyen-Orient, qui montrent depuis plusieurs semaines des améliorations notables, les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qui sortent du Golfe restent très limitées. Le Qatar était de loin le principal producteur de gaz de la région, mais ses exportations actuelles de GNL « ne représentent actuellement que 20 à 30% de sa capacité », souligne Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.
Cette diminution persistante de l'offre pousse les importateurs en Asie et en Europe à se livrer une bataille de prix pour attirer les cargaisons dites « flexibles », c'est-à-dire celles qui ne sont pas déjà sous contrat.
Des stocks européens en retrait
Mardi, les réserves de l'Union européenne n'étaient remplies qu'à 74,93%, contre 82,91% observés l'an passé à la même date, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI). Le cas de l'Allemagne, le plus gros consommateur de gaz en Europe, préoccupe particulièrement les marchés, avec des stocks remplis à seulement 61,65%.
Le franchissement des 100 euros intervient aussi au moment où « une production éolienne très faible est attendue dans le nord-ouest de l'Europe au cours des deux prochaines semaines », explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. L'analyste relève par ailleurs que « les températures devraient passer sous les normales saisonnières durant la première semaine de novembre ». Cette situation devrait accroître la demande de production d'électricité à partir de gaz en Europe, et pousse donc aussi les prix à la hausse.
