Les organisations lycéennes et étudiantes jugent insuffisantes les mesures annoncées par le gouvernement, lundi 26 octobre, pour répondre à la colère des jeunes. Mardi 27 octobre, sur France Inter, les syndicats Les Lycéens ! et la Fage saluent un "premier pas", tout en affirmant vouloir continuer à faire pression pour obtenir davantage.
Parmi les annonces figurent une "évolution forte" de Parcoursup en 2027, avant "un remplacement en 2028", des prêts destinés à rénover le bâti scolaire et 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, en majorité en BTS et en IUT. L'Intersyndicale jeunesse, qui regroupe L'Union étudiante, la Fage et l'Unef, ainsi que l'Union syndicale lycéenne (USL), ont appelé à retourner dans la rue.
Des "ajustements" et de "petits arrangements"
Louis Letoublon, vice-président de l'organisation Les lycéens !, affirme que ces mesures ne suffisent pas. "Tant qu'on n'aura pas quelque chose au moins sur la question de l'enseignement supérieur ou des rythmes scolaires, on ne pourra pas se satisfaire", déclare-t-il sur ICI Paris Île-de-France. Selon lui, "en creusant sur les mesures, on s'est rendu compte d'un certain nombre d'ajustements, de petits arrangements". Il s'agirait, d'après son propos, de "mesures extrêmement faciles à mettre en place pour le gouvernement" qui "ne solutionnent absolument pas la situation dans les lycées".
Son organisation réclame toujours l'abrogation de Parcoursup, "surtout l'ouverture de places dans les universités" et "des moyens dans l'enseignement supérieur". Concernant les 15 000 places annoncées, il détaille : "il y en a zéro en licence, c'est 10 000 places artificielles en BTS, c'est 4 000 places en IUT et c'est 1000 places en parcours santé, notamment en Ifsi ". Il estime que le gouvernement "a juste à supprimer les quotas en BTS, comme ça il a 10 000 places gratuitement, c'est honteux".
Anaïs Ella, membre du syndicat Les Lycéens !, élève du lycée Kléber de Strasbourg, réagit de son côté : "C'est un premier pas mais on est loin d'être satisfait." Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, considère que le gouvernement "n'a pas saisi le fond du problème" et réclame "un investissement massif de l'État, nécessaire, urgent et demandé". Elle juge que la question des "places dans l'université ou la question de la sélection touchent tous les secteurs, toutes les filières et toutes les régions", alors que les annonces, selon elle, ne concernent "uniquement l'Île-de-France" et "uniquement deux filières en BTS et en IUT". "On a plus que jamais besoin de mesures qui soient tangibles, qui changent le quotidien", ajoute-t-elle.
Un dialogue contesté
Les syndicats regrettent aussi le manque de concertation. Le gouvernement a présenté ses propositions avant la réunion avec les organisations lycéennes et étudiantes, juste après une rencontre avec des influenceurs liés au mouvement. "On s'est un peu moqué de nous en invitant les influenceurs avant nous. C'est un peu scandaleux", déclare Anaïs Ella. Pour elle, "il n'y a pas eu de dialogue", puisque les mesures étaient "déjà annoncées avant de nous recevoir".
Suzanne Nijdam critique également la stratégie de l'exécutif, qui demande notamment que les futurs cortèges ne passent pas par les centres-villes, en raison des pillages survenus lors de la mobilisation du 17 octobre. "C'est une stratégie qui justement amène à la violence, à la casse et à tout ce genre de choses", estime-t-elle. Elle assure par ailleurs que "les seuls moments où nos organisations ont pu envisager d'être reçues" sont ceux "où il y a eu de la casse, où il y a eu de la violence". "Des années de mobilisation pacifique n'ont jamais abouti à quoi que ce soit, à part du mépris", ajoute-t-elle, affirmant avoir répété au gouvernement que "c'est une légitimation politique de la violence".
