Le Rassemblement national tient son congrès ce week-end à Orléans, où des milliers de personnes ont défilé samedi 24 octobre en milieu de journée à l'appel d'opposants au parti. Selon la préfecture, ils étaient 13 000, le double selon les organisateurs. Le cortège intervient au moment où Marine Le Pen lance officiellement sa campagne pour 2027.
Samedi, le centre-ville d'Orléans était désert depuis le matin, avec des commerces fermés et protégés par des plaques de bois, un tram à l'arrêt et un couvre-feu fixé à 21 heures pour les mineurs de moins de 15 ans. Dans ce décor, le cortège, très animé et festif, s'est déroulé sans débordements.
Le "danger fasciste" au cœur des messages
Plusieurs manifestants ont dit leur crainte de voir Marine Le Pen accéder à l'Élysée et ont exprimé leur scepticisme face à la dédiabolisation du parti. "C'est le moment de se mobiliser, tous ensemble, sans aucune exclusive, parce que le danger fasciste est à nos portes", a déclaré l'un d'eux à franceinfo.
Une jeune participante, qui se décrit comme une femme métisse, estime que la partie de la population à laquelle elle appartient "aurait beaucoup à craindre" si ce type de parti arrivait au pouvoir. "Je représente tout ce qu'ils détestent", ajoute-t-elle. Un autre manifestant évoque ses proches, "des femmes musulmanes voilées", et s'inquiète de ce qu'il perçoit comme la principale proposition du parti dans le débat public, à savoir l'interdiction du voile.
Des inquiétudes pour le week-end
La journée de samedi s'est déroulée sous l'encadrement des services d'ordre des syndicats, très présents. Ceux-ci ne seront toutefois pas là dimanche, ce qui suscite la crainte des autorités, qui interdisent les rassemblements prévus ce jour-là. Les services de renseignement redoutent la venue d'éléments radicaux qui chercheraient à perturber ou à empêcher la prise de parole de Marine Le Pen.
Plusieurs participants au cortège ont par ailleurs mis en cause, selon eux, le discours des élus du RN après les événements survenus vendredi à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, où un attentat terroriste raciste a fait un mort et cinq blessés. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, présent à Orléans, est venu, selon ses termes, "se réchauffer au contact de ceux qui n'ont jamais abandonné le combat antiraciste". Bally Bagayoko, son collègue de Saint-Denis, également présent dans le Loiret, a évoqué "un discours de haine qui crée les conditions d'un passage à l'acte".
