Trois hommes condamnés pour injure publique raciste contre un journaliste d'Ouest-France

Trois hommes condamnés pour injure publique raciste contre un journaliste d'Ouest-France

La cour d'appel de Rennes a condamné le dirigeant d'un groupuscule d'ultradroite, Jean-Eudes Gannat, ainsi que deux responsables du site Breizh-Info, pour injure publique raciale à l'encontre d'un journaliste du quotidien Ouest-France. La décision a été rendue lundi et annoncée mardi 27 octobre par la cour, qui a fait savoir qu'elle ne constituait pas une décision définitive.

Jean-Eudes Gannat, leader du groupuscule identitaire L'Alvarium, implanté à Angers et aujourd'hui dissous, est condamné à 2 500 euros d'amende. Yann Vallerie, rédacteur et fondateur de Breizh-Info, et Philippe Le Grand, directeur de la publication du site d'extrême droite, écopent chacun de 1 500 euros d'amende.

Des propos tenus en 2021

Les faits remontent à 2021, lorsque Jean-Eudes Gannat est interviewé sur Breizh-Info par Yann Vallerie. Il y critique la couverture par Ouest-France des activités de son groupuscule et cite nommément un journaliste du quotidien, d'origine guadeloupéenne. "Sans doute se rêve-t-il en Sartre, qui "prenait sa plume pour une épée" ; sauf qu'à force de relayer grossièrement la propagande de l'extrême gauche, notre plumitif guadeloupéen jette des sagaies vers son propre camp ; personne n'est dupe", peut-on lire dans cette interview.

La société Ouest-France et le journaliste Josué Jean-Bart avaient alors porté plainte contre les trois hommes. Condamnés en première instance, ceux-ci avaient été relaxés en septembre 2024 par la cour d'appel de Rennes, qui avait estimé que les propos avaient été prononcés "sur un mode satirique, dans un contexte polémique" et ne dépassaient pas "les limites admissibles de la liberté d'expression". La Cour de cassation avait ensuite annulé cette décision, jugeant qu'elle n'avait pas été justifiée.

Une qualification retenue en appel

Dans son arrêt, transmis à l'AFP, la cour d'appel considère cette fois que "tant le terme plumitif (…) que le terme de sagaie, qui fait allusion aux armes utilisées par des peuples africains primitifs, sont outrageants et méprisants dès lors qu'ils sont associés à l'adjectif guadeloupéen et renvoient à des représentations marquées par des stéréotypes raciaux d'infériorité".

Joint par l'AFP, Josué Jean-Bart a déclaré : "Je ne pouvais pas comprendre que cette phrase puisse être analysée comme une moquerie". Il s'est dit "très satisfait que les magistrats aient pris la mesure de cette phrase", et a estimé qu'il existait "un vrai enjeu démocratique dans le fait de reconnaître que des tentatives de disqualifier le travail de journalistes ne peuvent prospérer".

L'arrêt de la cour d'appel n'est pas définitif, les personnes condamnées pouvant se pourvoir en cassation.

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