Face à la mobilisation lycéenne, le gouvernement a promis, lundi 26 octobre, de revoir le dispositif Parcoursup. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé "une évolution forte" dès l'année scolaire 2026-2027, ainsi que "un remplacement" de la plateforme dès 2028.
Depuis plusieurs semaines, les élèves réclament l'abandon de Parcoursup, la plateforme d'admission post-bac. La contestation a dépassé les frontières. Début octobre, le quotidien espagnol évoquait un "gouvernement dans les cordes", tandis que la Süddeutsche Zeitung, quotidien allemand de référence, rappelait le "goût pour la révolution" des Français. Comment la sélection pour accéder aux études supérieures est-elle organisée chez nos voisins ?
Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne
Au Royaume-Uni, la plateforme Universities and Colleges Admissions Service (Ucas) coordonne l'ensemble des candidatures à l'échelle du pays et exige un dossier complet. Les étudiants peuvent retenir jusqu'à cinq choix d'universités ou d'écoles, ce qui, selon la plateforme, les incite à inclure dans leur liste des établissements plus accessibles afin d'assurer une place. La démarche est facturée 34,5 livres sterling, soit 41 euros, la plateforme étant gérée par une société indépendante et privée, d'après le site du gouvernement britannique. Les candidats répondent à des questions personnalisées, une lettre de recommandation est fortement encouragée et les notes ont une grande importance. Des dossiers spécifiques sont exigés pour Cambridge et Oxford.
Aux Pays-Bas, la plateforme Studielink accepte jusqu'à quatre choix de formations, dont deux au maximum pour les filières à numerus clausus. Le dossier comprend un CV et une lettre de motivation, et des pièces supplémentaires peuvent être demandées par les établissements les plus exigeants. La suite de l'inscription se fait directement avec les établissements.
En Allemagne, l'Abitur, équivalent du bac, ouvre l'accès aux universités. La plateforme Hochschulstart traite les candidatures pour les filières les plus demandées, comme la médecine, la pharmacie ou les études vétérinaires, en tenant compte de la note à l'Abitur, d'un test spécifique et des exigences de l'université. Elle ne gère pas l'admission dans les établissements privés ni dans les écoles d'art, de théâtre et de musique. En juin dernier, le CHE Hochschuldaten a relevé que 31,6 % des cursus universitaires imposaient des restrictions d'admission, contre près de 40 % six ans plus tôt, le nombre de candidats ayant considérablement diminué.
L'Espagne, la Belgique et l'Italie
En Espagne, les communautés autonomes disposent de portails de préinscription pour les universités publiques. Ils sont ouverts aux titulaires du bachillerato ayant passé les épreuves de l'examen d'entrée à l'université. Pour les filières les plus sélectives, des épreuves supplémentaires portent le total de la notation à 14 points, des seuils minimums étant définis filière par filière.
En Belgique, le certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) donne accès à l'enseignement supérieur. Le pays ne dispose pas de plateforme spécifique : les étudiants contactent directement l'université ou l'école de leur choix et peuvent déposer un dossier dans plusieurs établissements. Les systèmes sont gérés par les communautés flamande et wallonne. Les études de médecine, de dentisterie ou de sciences vétérinaires sont ouvertes sur concours, organisé dans la deuxième quinzaine du mois d'août, selon le portail de l'enseignement supérieur.
En Italie, les étudiants s'inscrivent directement sur les portails des universités choisies, avec parfois un test de connaissances destiné à repérer certaines lacunes. Les études de médecine, d'orthodontie et de sciences vétérinaires sont ouvertes sans test préalable, mais des épreuves sont organisées à la fin du semestre. Les admis sont ensuite répartis entre les universités de leur choix selon leurs résultats, explique le ministère de l'Université et de la Recherche, à l'issue de ce "semestre filtre" qui fait office de sélection.
