Jeudi 15 Novembre 2018

Critique : "Kedi. Des chats et des hommes", un film de Ceyda Torun (2017)

Des chats et Istanbul

Ceyda Torun nous entraîne à travers les rues d’Istanbul,  dans le sillage de chats errants étonnants, Kedi signifie chat en turc. Mais attention, il ne s’agit pas d’un documentaire animalier ! En fait, comme le suggère le sous-titre, elle a choisi de filmer dans un savant mélange de réalité et de mise en scène, les relations très particulières qu’entretiennent les stambouliotes avec les chats qui peuplent leur ville.

Il est vrai que les chats, des centaines de milliers de chats, font depuis des siècles partie intégrante d’Istanbul, où, un peu sauvages, à peine domestiqués, ils vivent libres, indépendants et respectés. Nous les suivons de rue en rue, de coin en recoin, sous les étals du marché aux poissons, sur les rives du Bosphore, au Grand Bazar, à la Tour Galata, sous les tables des restaurants où ils se font houspiller !
On peut d’ailleurs saluer la prouesse technique : on déambule au ras du sol à la suite des chats, c’est vraiment magique, on est un chat parmi les chats et on découvre un panorama insolite de la métropole turque… bien éloigné des clichés touristiques habituels.
Ceyda Torun filme sa ville natale avec autant d’amour qu’elle filme les chats.

Des chats et des humains

Des mois de travail sur le terrain ont abouti à 35 histoires de félins, que le montage final a réduit à seulement 7 “portraits”, étroitement imbriqués dans la vie d’hommes et de femmes qui leur sont attachés.
Sari L’Arnaqueuse, Bengü La Tombeuse, Aslan Parçasi Le Chasseur, Psikopat La Psychopathe, Deniz Le Mondain, Gamsiz, Le Joueur, Duman Le Gentleman : un nom, un surnom, un caractère, une allure, aucun ne ressemble à l’autre.

Anthropomorphisme excessif ? Les humains ne projettent-ils pas leur propre personnalité sur ces animaux ? Vraisemblablement… et pourquoi pas !
Ne boudons pas notre plaisir, chaque histoire nous immisce dans un univers attachant, parfois même bouleversant. Les chats, qui semblent s’adapter à toutes les situations, aident les humains à vivre mieux. Qu’il s’agisse de cet homme déprimé dont la vie retrouve du sens quand il les nourrit, ou de ce commerçant, agacé par les frasques de son petit compagnon, mais qui s’inquiète quand il disparaît. Quant à l’histoire du marin, elle est troublante, plus encore quand on surprend le briscard du Bosphore allaitant à la seringue une portée d’adorables chatons…

On découvrira avec surprise d’autres belles histoires, drôles et émouvantes, toujours charmantes qui, sans mièvrerie aucune, enchanteront petits et grands.
Kedi  est un joli spectacle original par le regard qu’il porte sur les relations homme/ animal, dans une très grande ville. Un spectacle à voir en famille, dès le 27 décembre 2017, pour terminer l’année ou commencer la suivante en douceur .

PS : Absents du film, il existe évidemment des stambouliotes qui détestent les chats. Selon la réalisatrice, qui a eu beaucoup de mal à les interviewer, leurs problèmes psychologiques seraient davantage à incriminer que les chats !

Crédits photos : Epicentre Films

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