Emmanuel Macron répond à HugoDécrypte sur la mobilisation lycéenne, Parcoursup et le racisme

Emmanuel Macron répond à HugoDécrypte sur la mobilisation lycéenne, Parcoursup et le racisme

Emmanuel Macron a appelé, mercredi, à ce que "le calme revienne" dans les lycées, où les cours doivent reprendre "à la rentrée" de lundi, "après les vacances de la Toussaint". Dans un entretien diffusé dans la soirée sur la chaîne HugoDécrypte - Grands formats, avec le journaliste et youtubeur Hugo Travers, le chef de l'Etat est revenu sur la mobilisation de la jeunesse, mais aussi sur le pouvoir d'achat et sur le racisme.

Un appel au calme dans les lycées

Deux jours après les premières mesures proposées par le gouvernement aux lycéens pour répondre à leurs revendications, le président a souhaité que "la jeunesse a été entendue" et qu'elle puisse reprendre les cours. "On n'a pas été assez rapide, collectivement, dans la réponse. On aurait dû y aller plus vite, moi le premier", a-t-il concédé, alors que la crise lycéenne dure depuis des semaines.

Interrogé sur les blessures parfois graves subies par de jeunes manifestants, Emmanuel Macron s'est dit "dans la compassion et le soutien à tous", y compris envers "nos jeunes qui sont frappés". Il a également évoqué de très jeunes policiers blessés, estimant qu'"il faut maintenant revenir au calme des deux côtés". Selon lui, "à chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n'étaient pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes". Il a enfin appelé à "la clarté" sur les violences commises par des militants d'ultradroite, qu'il ne s'"explique pas".

Réseaux sociaux, Parcoursup et pouvoir d'achat

Interrogé sur une éventuelle demande du gouvernement aux opérateurs de couper l'accès aux réseaux sociaux lors des manifestations, le chef de l'Etat a esquivé, évoquant "des discussions" menées par le Premier ministre. Selon le média en ligne Blast, Sébastien Lecornu avait demandé, deux jours avant une manifestation, "à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de se tenir prêts à couper l'accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X". Pour les manifestations du 17 octobre, marquées par un fiasco sécuritaire reconnu par l'exécutif, le président a jugé que les plateformes avaient retiré les contenus illicites "assez moyennement". Lors des suivantes, elles ont "retiré une très grande partie" des contenus signalés, a-t-il ajouté. Il a également reconnu que la colère sociale avait été "sous-évaluée par les services de renseignement".

Sur Parcoursup, que le gouvernement a promis de réformer rapidement pour le remplacer d'ici deux ans, Emmanuel Macron a défendu un système "bien meilleur que ce qu'il y avait avant", car "il n'y a pas de tirage au sort". Il reconnaît toutefois qu'il "crée de la défiance, donc on doit le refonder". Concernant le pouvoir d'achat, il a exhorté les branches professionnelles "qui ont encore des revenus qui sont sous le smic" à engager des négociations salariales. Selon une étude de la CGT citée par Le Parisien, 122 branches proposent encore au moins un niveau de salaire sous le smic.

Un "racisme d'atmosphère"

Le président a dénoncé une "désinhibition d'un antisémitisme chez certains et une désinhibition du racisme chez les autres", visant La France insoumise et le Rassemblement national. Il a appelé à un "sursaut" après l'attentat qualifié de "terroriste raciste" de Trappes, estimant que des "mouvements politiques" avaient "laissé s'installer cela à l'extrême droite", citant le RN et "ceux qui leur sont proches". Il a aussi évoqué "une forme de désinhibition des propos", "un racisme d'atmosphère" et "une désinhibition des violences".

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