Le discours de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a été brièvement interrompu, dimanche 25 octobre, par des opposants venus déployer une banderole au moment où il commençait à parler. Le congrès du parti se tenait à Orléans (Loiret), selon les constats des journalistes de France Inter et de franceinfo présents sur place.
Une banderole et une évacuation
Les opposants, qui ont réussi à pénétrer dans la salle, ont été pris à partie par des militants RN. Une bagarre a éclaté dans les gradins, un militant a déchiré la banderole, tandis que le service d'ordre intervenait pour évacuer des personnes. Trois personnes, deux femmes et un homme, ont ensuite été exfiltrées de la salle.
Pendant cette interruption, Jordan Bardella a tenté de retenir l'attention du public et a invité les militants à entonner La Marseillaise pour patienter. Il a également déclaré : "Ne faites pas de publicité à l'ultragauche qui déteste la démocratie".
La réponse de l'UEJF et les accusations de Mediapart
L'action a été revendiquée sur le réseau social X par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui lutte contre le racisme et l'antisémitisme. "N'en déplaise à Bardella ce n'était pas l'ultragauche mais bien l'Union des étudiants juifs de France qui étaient là pour dénoncer ses propos antisémites", a affirmé l'organisation. Dans un message publié sur X, l'UEJF indique avoir brandi une banderole portant l'inscription : "Bardella réélu : le racisme et l'antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire". Selon l'association, ses militants ont alors été "agressés, étranglés et sortis avec violence". L'UEJF annonce avoir déposé plainte pour "violences en réunion".
Un journaliste de Mediapart, qui filmait les militants de l'UEJF déployant leur banderole, a lui aussi été embarqué par le service de sécurité du parti. Selon le site d'information, "pour faire sortir notre reporter de la salle du meeting, un agent de sécurité du RN l'a poussé dans un escalier, tandis qu'une militante l'invitait à "rentrer au bled"".
Le contexte de ce rassemblement est lié aux révélations de Mediapart. Le site d'investigation a révélé fin septembre des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national a nié être l'auteur de ces écrits et estime désormais que "l'épisode est clos".
