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À Orléans, les élus RN s'inquiètent de la mobilisation contre l'extrême droite

À Orléans, les élus RN s'inquiètent de la mobilisation contre l'extrême droite

Le congrès du Rassemblement national se tient samedi 24 octobre à Orléans, où les autorités ont déployé un dispositif de sécurité exceptionnel face à l'arrivée annoncée de dizaines de milliers de manifestants anti-RN. Le parti doit réélire Jordan Bardella à sa tête et officialiser la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Un dispositif de sécurité sans précédent

Pour éviter tout affrontement, le ministre de l'Intérieur a mobilisé 3 000 policiers et gendarmes. Une seule manifestation est autorisée le week-end : la marche organisée par une cinquantaine d'organisations, syndicats et partis de gauche, en présence notamment d'Olivier Faure, le patron du PS, et de Bally Bagayoko, le maire insoumis de Saint-Denis. Les manifestants ne devraient pas pouvoir approcher le palais des Congrès, où le RN se réunit, et tous les autres rassemblements prévus dans la ville sont interdits.

Les autorités s'attendent à l'arrivée de 2 000 à 3 000 "éléments radicaux", selon leurs estimations, avec le risque que ces militants de gauche se retrouvent face aux 5 000 militants du RN attendus samedi, puis jusqu'au double, soit 10 000, dimanche. Dans le centre-ville, certains commerces sont barricadés.

Un parti officiellement serein

Au sein du parti, on affiche la confiance. "Nous sommes confiants", répète-t-on à l'état-major, qui se dit rassuré par les moyens mis en œuvre par les autorités. Hors micro, certains élus sont moins sereins. "Franchement, mon mari est inquiet", confie une députée RN du sud de la France, qui raconte, à moitié sérieuse, qu'elle installerait bien un lit de camp dans le palais des Congrès pour ne pas en sortir de tout le week-end.

Des consignes de sécurité ont été transmises aux militants comme aux élus. Le parti leur déconseille de fréquenter les bars et restaurants du centre-ville. Tous les repas seront pris sur le site du congrès, et les réservations d'hôtel ont été faites sous des noms d'emprunt, selon un député de l'organisation.

Marine Le Pen doit officiellement lancer sa campagne lors d'une allocution d'une quarantaine de minutes, prévue le lendemain devant ses militants. Le discours s'articulera autour de trois axes : "la renaissance de la France", slogan de la campagne, la puissance et son modèle de présidence. Selon son attaché de presse, Andréa Kotarac, la candidate ne prévoit pas de s'attarder sur la situation sécuritaire du pays, ni de commenter les manifestations contre le RN.

Un proche de Marine Le Pen juge la séquence délicate : "Cette séquence est à double tranchant. On est perçu comme le parti de l'ordre, et ça se voit dans les sondages. Mais en même temps, la crainte de nouvelles émeutes si on arrive au pouvoir peut finir par nous desservir."

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