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"Papa où t'es ?" Raconte l'Aide sociale à l'enfance à travers le parcours du streamer Nicolas Trouvé

"Papa où t'es ?" Raconte l'Aide sociale à l'enfance à travers le parcours du streamer Nicolas Trouvé

Le streamer Nico_la, de son vrai nom Nicolas Trouvé, présente "Papa où t'es ?", un documentaire consacré à sa quête de son père inconnu au Sénégal et à son parcours d'enfant placé à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Une avant-première a eu lieu mardi 20 octobre au Grand Rex, à Paris, en présence des streamers Byilhan et Flamby. Le film doit sortir le 28 octobre.

Dans la salle, la séance a été précédée de la fin d'un live diffusé sur la plateforme Twitch. Parti du Sénégal, le trio avait fixé à ses membres un défi de trente jours pour rejoindre Paris sans prendre l'avion, afin d'être présent à l'avant-première. Les trois hommes ont franchi les portes du théâtre sous les applaudissements, avant de lancer la projection, d'une durée de 1h40.

Le film suit le parcours de Nico_la, né et ayant grandi à Avignon, où il a été placé. Il a été confié à plusieurs familles d'accueil et foyers avant de partir à Dakar, où il souhaite retrouver son père. Il dit n'avoir aucun souvenir de sa rencontre avec celui-ci, à l'âge de 12 ans, et très peu de son enfance. "On me donnait beaucoup de médicaments pour me "concentrer", mais en fait, j'étais shooté, ça m'a causé pas mal de trous de mémoire", confie le streamer, âgé de 27 ans.

Le documentaire est réalisé par Basile Monnot et Samy Bouyssié, déjà à l'origine de Kaizen, film consacré à Inoxtag. Il alterne les séquences de recherche du père, plus légères, et les réflexions du streamer sur son expérience de l'ASE. Né d'un objectif de dons lors du dernier ZEvent, le projet n'était pas, au départ, centré sur ce sujet. "Je pensais faire quelque chose de léger, de drôle. Quand j'ai raconté mon histoire à mes équipes, ils ont pris une claque", indique Nico_la, qui affirme n'avoir "jamais vu de représentation de jeunes de l'ASE au cinéma".

Un système peu connu

Le film évoque le fonctionnement de l'ASE et les défaillances dont sont victimes 384 900 mineurs et jeunes majeurs. En racontant son histoire, Nico_la décrit ce qu'il présente comme un enchaînement de violences psychologiques, physiques et sexuelles. Selon le Syndicat de la magistrature, 6 000 enfants étaient abandonnés par le système en 2024, en errance ou dans des familles d'accueil maltraitantes.

Andréa, étudiant en philosophie et théologie, est lui aussi passé par l'ASE. Il juge le film sans "clichés pour dramatiser", ni "édulcorer" le sujet, et met en avant l'effet d'identification qu'il produit. "L'identification, c'est ça, la force du film. Ça m'a beaucoup ému", déclare-t-il. Il regrette le manque de représentation de ces jeunes au cinéma : "On aurait dit que tous les jeunes de l'ASE étaient des fouteurs de merde. On est juste des gens avec des situations à part."

Un chiffre est mis en avant dans le documentaire : 70 % des jeunes sortant de l'ASE n'ont aucun diplôme professionnel ou général à 18 ans, selon le Conseil national de la protection de l'enfance (CNPE), qui cite une étude de 2019.

L'après-ASE

"À partir de 18 ans, on est lâchés dans la nature. Moi, c'est l'après ASE qui m'intéresse", affirme Nico_la. Les bénéfices du merchandising issu du film seront reversés à l'association Les Ombres, qui propose un accompagnement académique et professionnel aux jeunes de l'ASE, à travers un système de mentorat, pour "briser les déterminismes sociaux".

Le streamer dit n'avoir "jamais été aussi heureux et fier" après l'avant-première. Il conseille aux personnes qui souhaitent parler de leur histoire de le faire auprès des bonnes personnes : "Si vous voulez vous replonger dans vos dossiers , dans votre histoire, entourez-vous de bonnes personnes. Tout seul, c'est compliqué."

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