Le prix Goncourt, dans sa 124e édition, a dévoilé mardi 27 octobre ses quatre finalistes. Le nom du lauréat ou de la lauréate sera révélé le 3 novembre, lors de la traditionnelle cérémonie au restaurant Drouant, à Paris. Cette édition est marquée par l'affaire Thélyson Orélien, dont le livre a été retiré de la première sélection après des accusations de plagiat et d'utilisation de l'intelligence artificielle.
Quatre finalistes
Les finalistes annoncés sur franceinfo sont Yannick Haenel, pour La solitude des professeurs est infinie (Gallimard), Philippe Jaenada, pour L'inconnue du Quai de Javel (Flammarion), Clémentine Mélois, pour Choses que je croyais perdues (L'Arbalète/Gallimard), et Sylvain Prudhomme, pour De l'autre côté du lac (Minuit).
Une affaire qui pèse sur l'édition
Interrogé sur le cas de Thélyson Orélien, Philippe Claudel, président de l'Académie du Goncourt, déclare : "J'aurais vraiment aimé qu'il s'explique, il peut le faire encore, pour nous dire comment il a travaillé exactement." Il insiste sur un principe : "Pour nous, ce qui était important, c'était quand même de repréciser que le prix Goncourt couronne un livre qui est écrit par un homme, une femme, un être humain, et que la machine n'a pas à être considérée dans notre prix."
À la suite de cette affaire, l'Académie a vérifié que les autres ouvrages de la sélection n'avaient pas été écrits avec l'aide de l'intelligence artificielle. Philippe Claudel indique avoir demandé que les seize titres de la sélection dont l'Académie possédait les PDF soient soumis au détecteur Pangram 4. "Le résultat était très élevé en ce qui concerne le livre de Thélyson Orélien, et pour les autres la machine disait qu'ils étaient absolument humains", explique-t-il.
Pour l'avenir, le président reconnaît que ces contrôles seront difficiles à mener. "Ce n'est pas notre rôle, nous n'avons ni les moyens, ni les moyens techniques, ni les capacités de passer au crible les 250 livres qui nous sont soumis", affirme-t-il. Il appelle donc les éditeurs à la vigilance et estime que c'est à eux de délivrer aux lecteurs une forme de "certificat moral" attestant que le livre publié a bien été écrit par un être humain.
Philippe Claudel exprime enfin sa conception de la lecture : "Ce qui m'intéresse quand je lis un livre, c'est de rentrer dans la sensibilité, dans l'âme, dans l'interrogation d'un de mes semblables."
