Un policier écope d'un an de prison avec sursis après des violences racontées par un journaliste infiltré

Un policier écope d'un an de prison avec sursis après des violences racontées par un journaliste infiltré

Un policier parisien a été condamné, mardi 3 novembre, à un an d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris, pour des violences aggravées sur deux mineurs. Les faits remontent à avril 2019, soit plus de six ans avant le jugement, et sont issus du récit publié par le journaliste Valentin Gendrot, qui avait infiltré le commissariat où ils se sont produits.

Un livre au cœur de l'affaire

Dans son livre Flic, paru en 2020, Valentin Gendrot décrit des "tabassages", des insultes racistes et homophobes, mais aussi le manque de moyens, les suicides et le mal-être des policiers dans un commissariat de l'est parisien. Il y a passé six mois comme adjoint de sécurité.

Lors de l'audience, le gardien de la paix, âgé de 38 ans, a contesté la portée de l'ouvrage. Tout y est "brodé" et "romancé", a-t-il affirmé en préambule, ce qui donne "l'impression qu'on est tous des racistes, misogynes, (...) violents, ce qui n'est pas le cas". Il décrit une brigade "colorée" et reconnaît seulement un "jargon" et "des blagues".

Les faits retenus par le tribunal

Le fonctionnaire était jugé pour des violences commises sur deux frères. Selon le récit de la présidente, les "petites claques humiliantes" données au cadet lors d'un contrôle ont déclenché la colère du grand frère, qui a été interpellé pour s'être interposé.

Selon la procureure, le jeune homme aurait ensuite reçu, "enfermé entre quatre murs" dans le véhicule, "coup de poing sur coup de poing", puis un nouveau coup à son arrivée au commissariat. Ces éléments relèvent de l'accusation et n'ont pas été établis par la décision rendue à ce stade de l'article.

Désormais pilote de drone à la préfecture de police de Paris, le policier a refusé de se remettre en question. "C'est de l'action-réaction, c'était proportionné", a-t-il déclaré.

Les violences n'ont pas été mentionnées dans le procès-verbal d'intervention. Valentin Gendrot, qui a assisté à la rédaction de ce document, le qualifie de "faux".

D'autres épisodes de violences racontés dans le livre n'ont pas pu être corroborés par l'enquête, faute d'identification des personnes concernées, le plus souvent des migrants. Ils intéressent néanmoins les trois juges, selon le tribunal.

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