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Critique Karma : Guillaume Canet signe un thriller sombre et efficace avec Marion Cotillard

Critique Karma : Guillaume Canet signe un thriller sombre et efficace avec Marion Cotillard

Vingt ans après Ne le dis à personne, Guillaume Canet revient au thriller avec Karma, en salles depuis le 21 octobre. Marion Cotillard et Denis Ménochet en tête d'affiche, une communauté sectaire, un enfant qui disparaît... Le film est-il à la hauteur ? On est sorti de la salle plutôt convaincu, et même agréablement surpris quand on repense aux Petits Mouchoirs, un peu vides à notre goût. Canet a fait du chemin, et ça se voit !

De quoi parle Karma, le nouveau thriller de Guillaume Canet ?

Dans un village du nord de l'Espagne, Jeanne (Marion Cotillard) tente de reconstruire sa vie auprès de Daniel (Leonardo Sbaraglia), qui ne sait rien de son passé trouble. Un jour, Mateo, son filleul de 6 ans, disparaît sans laisser de trace. Soupçonnée par la police, Jeanne s'enfuit en France et se réfugie dans la communauté où elle a grandi, dirigée par Marc (Denis Ménochet), pendant que Daniel part à sa recherche.

Guillaume Canet a écrit le scénario avec Simon Jacquet, sans jouer lui-même dans le film. Le tournage s'est déroulé entre la France et l'Espagne, notamment à Saint-Céré, dans le Lot, pour un budget de 24 millions d'euros. C'est une "sale histoire", glauque à souhait, et on ne vous en dira pas plus. Le scénario est solide, il tient la route et il nous a captivés du début à la fin, car pendant plus de 2 heures on n'a pensé à rien d'autre.

Marion Cotillard et Denis Ménochet : que valent les acteurs de Karma ?

Les acteurs sont très bons, tout simplement. Marion Cotillard n'est pas mauvaise du tout, même si on a trouvé son visage très peu expressif tout au long du film, ce qui colle finalement assez bien à un rôle aussi dramatique. Une partie de la critique salue d'ailleurs sa prestation, tout en jugeant certaines de ses mimiques un peu exaspérantes.

Mais c'est Denis Ménochet qui impressionne le plus, très bon dans un rôle pourtant loin d'être facile, celui du chef de la communauté. Et puis il y a l'atmosphère, lourde, oppressante, portée par la photographie de Benoît Debie et la musique de Yodelice. On y croit, on est dedans... et on a du mal à en sortir.

Un film "à l'américaine" : efficace, mais avec quelques longueurs ?

Guillaume Canet a visiblement vu beaucoup de films américains, et il a fait un film "à l'américaine". Efficace, nerveux, avec une mise en scène dynamique et une caméra très mobile, à des années-lumière de ces films franco-français où l'on discute beaucoup sans qu'il se passe grand-chose. Pour nous, c'est nettement mieux, et cela explique sans doute pourquoi on ne voit pas le temps passer.

Il y a quand même quelques "petites longueurs", ce qui n'a rien d'étonnant pour un film de 149 minutes, soit près de 2h30. La presse est d'ailleurs partagée : certains trouvent le récit étiré, comme The Playlist après la projection cannoise, d'autres saluent un thriller très efficace. Ces longueurs ne nous ont pas gâché le plaisir.

Le public, lui, a répondu présent avec 40 000 entrées le premier jour (63 000 en comptant les avant-premières) et la première place du box-office du 21 octobre. A voir en salle pour son atmosphère et ses acteurs, frissons garantis !

Passionnée de cinéma, curieuse de tout.