Le camp de Benyamin Nétanyahou arrive en tête des élections législatives israéliennes, mais loin de la majorité à la Knesset. Selon les résultats finaux publiés dans la nuit de jeudi à vendredi 30 octobre, la coalition sortante de droite et d'extrême droite ne dispose pas de la majorité, tandis que le bloc de l'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot obtient 48 sièges.
Sur les 120 sièges que compte la Knesset, le Likoud du Premier ministre reste le premier parti avec 27 députés. Le bloc de l'opposition, dirigé par Gadi Eisenkot, est arrivé immédiatement derrière la coalition sortante, selon le décompte de la Commission électorale publié dans un communiqué.
Les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, remportent à elles deux 19 sièges et s'imposent comme de possibles faiseurs de roi. Ce résultat constitue une percée, que les analyses présentées dans les sources consultées décrivent comme inédite pour cette minorité, qui s'est longtemps tenue à l'écart du jeu politique.
Des accusations de fraude contestées
Ces deux formations ont été visées par des accusations de fraude électorale relayées par le camp de Benyamin Nétanyahou. Des responsables et des médias ont affirmé que ces partis étaient soupçonnés d'avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l'achat de voix. Les partis arabes, de même que le Qatar, ont rejeté ces accusations.
Gadi Eisenkot a accusé Benyamin Nétanyahou de chercher à "délégitimer les résultats" du scrutin. De son côté, le service de renseignement intérieur, le Shin Bet, a indiqué qu'il enquêtait sur des soupçons d'irrégularité, tout en affirmant que cette enquête ne visait pas à "incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale".
Sans citer explicitement les accusations relayées par le camp du Premier ministre, la Commission électorale a affirmé que "certaines informations qui ont circulé sont entièrement infondées". Elle a précisé que "l'enquête se poursuit en parallèle du processus mené par la Commission électorale centrale" et qu'"elle n'aura aucun impact sur les résultats finaux".
Des tractations qui pourraient durer
Les résultats finaux seront officiellement remis mercredi au président Isaac Herzog, qui engagera alors un processus de consultation des chefs des partis représentés à la future Knesset, avant de désigner l'un d'entre eux pour tenter de former un gouvernement, a indiqué la Commission électorale.
L'absence de majorité à ce stade laisse présager des négociations difficiles, qui pourraient durer des semaines. En cas d'échec, le pays pourrait devoir organiser de nouvelles élections, comme cela s'est déjà produit à plusieurs reprises dans son histoire.
