Le Dakar 2027 quitte temporairement l'Arabie saoudite, où la course se déroule depuis 2020, pour un parcours entre le Portugal et le Maroc. Officialisé vendredi 30 octobre, ce tracé de 7 824 km, composé d'un prologue et de 12 étapes entre Faro et le sud du Maroc, se disputera du 9 au 23 janvier 2027. Le directeur de l'épreuve, David Castera, assure que ce ne sera "pas un Dakar au rabais".
Une décision prise en urgence
Ce changement est imposé par les "récents événements dans le Royaume d'Arabie saoudite", que l'organisation met en lien avec l'intensification des attaques des combattants houthis du Yémen, soutenus par l'Iran. Selon David Castera, la décision ne remonte pas à longtemps. Jusqu'au début du mois de septembre, la tenue de la course en Arabie saoudite restait "totalement faisable", avant une dégradation de la situation qui s'est ensuite accélérée. "Notre seule volonté était d'aller en Arabie saoudite", affirme-t-il, ajoutant qu'aucun plan B n'avait été préparé.
Le choix du Portugal et du Maroc répond, selon lui, à plusieurs objectifs. Il souhaite un retour aux origines du Dakar, qui repart d'Europe pour rejoindre le continent africain, sans en faire un simple rallye marocain, puisque l'épreuve du Maroc existe déjà. David Castera, qui a dirigé le Rallye du Maroc pendant huit ans, dit connaître "excessivement bien" le pays et ses capacités. Le départ depuis le Portugal, plutôt que l'Espagne, s'explique par un partenariat déjà ancien avec l'Automovel Club de Portugal (ACP), organisateur de l'épreuve du championnat du monde des rallyes, présente au Portugal depuis trois ans.
Un plateau plus réduit
L'incertitude sur la tenue de l'épreuve pèse sur les engagements. Les inscriptions ont été ouvertes depuis le mois de mai, comme chaque année, mais certains concurrents s'interrogeaient sur la possibilité de courir en Arabie saoudite. "En moto, on est complet, les motards ne se sont jamais désistés", indique David Castera. La catégorie automobile est plus touchée, en raison de budgets différents, et les camions devraient peu varier. L'organisation attend les dix prochains jours pour disposer de chiffres approximatifs, mais le directeur table déjà sur "une quarantaine de voitures de moins" que d'habitude.
Pour les équipages, le parcours reste exigeant. Le kilométrage a été légèrement réduit, avec 7 824 km contre 8 000 en 2026, mais trois spéciales avoisinent 500 kilomètres, alors que d'autres se situent entre 350 et 450 kilomètres. Les terrains, plus cassants, imposent selon lui une allure plus mesurée qu'en Arabie saoudite. L'organisation a conservé l'étape marathon-refuge, qui oblige les concurrents à dormir au milieu du désert avec leurs rations, ainsi que les pit-stops. "On a gardé tout ce qui fait l'histoire du Dakar et sa difficulté", conclut David Castera. "Tous les ingrédients sont là."
