LFI fait adopter trois textes à l'Assemblée malgré l'obstruction de l'extrême droite

LFI fait adopter trois textes à l'Assemblée malgré l'obstruction de l'extrême droite

Les députés de La France insoumise (LFI) ont fait adopter trois textes lors de leur niche parlementaire, achevée jeudi 30 octobre sur un bilan contrasté. Un projet visant à prolonger jusqu'à 25 ans l'accompagnement des jeunes de l'aide sociale à l'enfance n'a pu être examiné, en raison de plus de 140 sous-amendements déposés par le RN et l'UDR.

Dans la matinée, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture un texte visant à revaloriser le métier d'accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH). Il prévoit de créer, à la rentrée 2026, un corps de fonctionnaires de catégorie B pour ces 140 000 personnels, majoritairement des femmes. Toute la gauche a voté pour ce texte.

Après un débat houleux, les députés ont ensuite adopté une proposition de loi visant à garantir la prise en charge intégrale des soins des victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS). Le RN avait déposé plus d'une centaine de sous-amendements, sans parvenir à empêcher le vote.

Plus tôt, les députés avaient adopté à main levée une première proposition de loi, qui doit également être transmise au Sénat. Son objet est technique : il porte sur la possibilité d'être déclaré propriétaire d'un bien après un certain délai d'occupation. Ce délai est de 30 ans en métropole, mais il a été abaissé à 10 ans outre-mer en 2024, dans le but d'aider à sortir de situations d'indivision. Deux ans après, les députés ont finalement décidé de revenir sur le délai initial de trois décennies pour tout le monde.

Le texte sur l'aide sociale à l'enfance ralenti

En revanche, l'examen du texte visant à prolonger jusqu'à 25 ans l'accompagnement des jeunes de l'aide sociale à l'enfance a été ralenti par plus de 140 sous-amendements déposés par le RN et l'UDR. Les députés se sont succédé au micro pour les défendre, sous les huées des élus de gauche.

Aujourd'hui, cet accompagnement n'est plus obligatoire au-delà de 21 ans, et certains jeunes subissent encore une "sortie sèche" dès 18 ans, sans soutien. La cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a dénoncé "la honte", accusant l'extrême droite d'avoir organisé l'obstruction, avec le soutien des macronistes, pour empêcher le vote sur ce texte et l'examen des propositions de loi suivantes, notamment celles visant à augmenter le Smic à 1 700 euros. Le député RN Kevin Mauvieux a défendu la démarche de son groupe, affirmant qu'il tentait de corriger un texte "bourré de carences".

Lors de ces journées de "niche parlementaire", les groupes disposent d'un temps réservé pour défendre leurs propres textes, de 9 heures jusqu'à minuit. La multiplication des amendements est une tactique également employée par LFI et les autres groupes de gauche lors des journées réservées aux groupes de droite ou d'extrême droite.

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